Athlétisme et Running - Blog athlenergy byAreva

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Sammy Tangui, le lièvre de Rudisha au MEETING AREVA 2012 © AFP

>> Le lièvre, un athlète au service des autres

Mais qui est donc ce lièvre dont parlent tant les demi-fondeurs ? Quel est son rôle ? Athlenergy a rencontré Bruno Gajer, entraineur de demi-fond à l’INSEP, afin d'en savoir plus sur ce drôle d'animal.

Avant toute chose, qu’est-ce qu’un lièvre en athlétisme ?

Lors d’un 800 mètres ou de courses plus longues, le lièvre doit courir dans un rythme précis pour entrainer les athlètes qui le suivent jusqu’à une certaine distance, puis il s’écarte une fois la distance donnée atteinte.

Comment sont définis le rythme et la distance à suivre ?

Il y a deux cas de figure, cela peut être l’organisateur du meeting qui emploie un lièvre pour un groupe d’élite et, dans ce cas, le rythme est établi entre eux. L’autre cas, c’est celui de l’athlète qui amène son propre lièvre qui est souvent son partenaire d’entrainement.

Qui sont ces lièvres ?

Cela peut être le partenaire d’entrainement d’un athlète de très haut niveau. Il arrive qu’un ancien champion demande à être lièvre à l’approche de la retraite. Parfois, ce qui  est pour moi une grosse erreur, un coureur de 400 mètres fait le lièvre pour un 800 mètres, mais il a souvent du mal à respecter les temps de passage ou à courir sur un rythme fluide.

Quel est l’intérêt pour un coureur, de devenir lièvre ?

L’intérêt principal, c’est la rémunération car c’est assez lucratif. Par exemple à la fin de sa carrière, le Burundais Arthémon Hatungimana, vice-champion du monde en 1995 sur 800 mètres, que j’ai entraîné,  faisait souvent le lièvre pour Hicham El Gerrouj. Il empochait alors entre 1500 et 2000 euros par course. Cet hiver, le coureur qui a fait le lièvre au meeting d’Eaubonne a gagné 500 euros, alors que la prime de victoire, elle, était de 400 euros. Il faut savoir que les organisateurs sont prêt à donner autant car la qualité de la course dépend des performances et donc du lièvre. Les contrats sont établis sur des bases régressives, donc si le lièvre ne respecte pas le rythme donné, sa prime diminue. Le « sparring partner », quant à lui, est payé toute l’année pour aider l’athlète à l’entrainement et en « compète ». C’est le cas de Sammy Tangui, le lièvre de David Rudisha, le recordman du monde du 800 mètres (voir photo ci-dessus).

Pourquoi les lièvres sont-ils absents des championnats ?

Parce qu’il est peu probable qu’un athlète se sacrifie pour le leader de son pays car cela supposerait qu’ils soient tous les deux en finale et donc qu’ils aient tous les deux quelque chose à jouer.

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