Nesta Carter, la nouvelle bombe jamaïcaine
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Avec un chrono de 9’’78 au 100 m, le partenaire d’entraînement d’Asafa Powell n’a pas seulement rejoint Tyson Gay en tête du bilan mondial. Il est aussi devenu cette année le 4ème sprinteur de l’histoire.
Qui connaissait Nesta Carter ? En début de saison, pas grand-monde. Tout juste savait-on que le Jamaïcain, âgé de 24 ans et originaire d’un gros village au nom très improbable de Banana Ground, faisait partie du relais 4x100 m champion olympique à Pékin en 2008. La preuve d’une sacrée pointe de vitesse, puisque le quatuor de la Jamaïque avait battu en finale le record du monde (37’’10). Nesta Carter avait assuré le départ. Mais le public n’avait alors d’yeux que pour Usain Bolt, parti pour décrocher sa troisième médaille d’or.
A Rieti, le 29 août dernier, Nesta Carter a brisé d’un coup le voile d’indifférence dont il était jusque-là enveloppé. En avalant la ligne droite du meeting italien en 9’’78, il a égalé le chrono de Tyson Gay, installé au sommet du bilan mondial de l’année. Et, surtout, réalisé la 4ème performance de l’histoire sur 100 m, derrière Usain Bolt (9’’58), Tyson Gay (9’’69) et Asafa Powell (9’’72). Un tour de force que le Jamaïcain a commenté avec une pointe d’ironie : « J’en suis très fier, c’est certain, comme je suis fier de toute ma saison. Mais je ne suis encore que le troisième Jamaïcain ! »
Discret comme un soleil d’automne, Nesta Carter ne paye pas de mine. Moins grand qu’Usain Bolt, moins large qu’Asafa Powell, il s’inscrit dans la norme, avec son mètre 78 pour 70 kilos. Tout juste se fait-il remarquer par l’épaisseur de ses bras. « C’est la partie de mon corps que j’aime le moins, je les trouve trop gros », avouait-il l’an passé au magazine Spikes. Ses débuts en athlétisme, au lycée, n’ont pas été beaucoup plus retentissants. Seulement moyen, il tarde à s’imposer. En 2004, il est ainsi éliminé en demi-finale du 200 m des championnats du monde juniors.
Mais tout change cette année. Nesta Carter débute sa saison par un chrono de 9’’88 au meeting Diamond League de Doha, malheureusement poussé par un vent trop favorable (+ 2,60 m/sec). Le déclic. « J’ai réalisé que j’avais progressé, dit-il. Et Asafa Powell, le vainqueur de la course (9’’81), m’a assuré que je referai très vite un temps comparable. » La suite lui donne raison : Nesta Carter s’offre début août un record personnel à 9’’86, avant de briser le mur du son à Rieti plus tard dans le mois.
L’explication ? « J’ai été épargné par les blessures, répond le sprinteur. Et j’ai bénéficié des meilleures conditions de préparation, à Kingston, et de la présence à l’entraînement, jour après jour, d’Asafa Powell. » Nesta Carter appartient en effet au fameux MVP Track & Field Club, entraîné par Stephen Francis, la plus formidable coalition de cracks de la vitesse avec, outre Powell et Carter, Sherone Simpson et Kerron Stewart.
A son retour au pays, début septembre, Nesta Carter a été accueilli comme un héros national à l’aéroport de Kingston. Pressé de questions, il a avoué que sa saison avait été au-delà de ses espérances. Avant de nuancer son propos. « Je dois déjà me concentrer sur 2011 et bosser dur à l’entraînement. Avec les championnats du monde à Daegu, la concurrence va être terrible. Avant de penser à une finale ou une médaille, il va me falloir décrocher ma sélection dans l’équipe jamaïcaine. » Pas gagné d’avance.

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