Objectif Londres

Sally Pearson : « Je ne suis pas faite pour ralentir »

Sally Pearson sur le toit du monde

© DPPI

La blonde Australienne avait surpris son monde en décrochant la médaille d’argent du 100 m haies aux Jeux de Pékin. Depuis, elle n’a plus quitté le sommet. Elle sera en piste à partir du 6 octobre aux Jeux du Commonwealth, à New Delhi, en Inde.

Une médaille d’argent olympique peut-elle changer le cours d’une existence ?

« Elle a changé les quelques mois qui ont suivi les Jeux de Pékin, c’est certain. J’étais arrivée aux Jeux avec l’ambition d’entrer en finale du 100 m haies. J’en suis repartie avec une médaille d’argent. Le retour au pays a été grandiose. Mais, depuis, j’ai repris le train-train de l’entraînement, sur la Gold Coast, près de Brisbane. »

 

Vous n’avez rien changé à vos habitudes ?

« Non, je suis plutôt à l’aise dans une certaine routine. Je m’entraîne toujours avec le même coach depuis mes débuts, Sharon Hannan, l’une des rares entraîneurs féminines de l’athlétisme australien. Un entraînement assez collectif, avec des athlètes locaux, surtout des garçons. »

Vous préférez la compagnie des garçons à l’entraînement ?

« Oui, car ils me poussent à aller toujours plus vite. En Australie, la concurrence féminine n’est pas assez relevée sur 100 m haies. Je n’ai pas été battue sur cette distance depuis 2005. Et avant cela, je n’avais connu qu’une seule fois la défaite. »

Comment avez-vous commencé ?

« J’ai débuté à l’âge de 13 ans. Jusque-là, je faisais de la gymnastique. J’ai eu le coup de foudre pour l’athlétisme, mais seulement pour les épreuves de vitesse (elle a déjà réalisé 11’’14 au 100 m, NDLR). Mentalement, je ne suis pas faite pour ralentir ou doser mon effort. »

Vous aimez cette vie de professionnelle de l’athlétisme ?

« Oh oui, j’adore. Je suis athlète à temps plein depuis 2006. Je peux vivre presque sur la plage, je m’entraîne deux fois par jour avec des gens que j’apprécie, et j’ai la chance d’avoir fait de ma passion un métier. Le plus compliqué, pour nous les Australiens, est d’avancer un peu à l’envers des autres. Nous avons deux saisons estivales, la nôtre et celle de l’Europe. Et il me faut une trentaine d’heures de voyage pour aller disputer les meetings du circuit européen. Mais une fois là-bas, je me pose quelque part et j’y passe plusieurs semaines. La saison dernière, j’avais choisi Cologne, avec d’autres athlètes australiens. »

Qu’attendez-vous des Jeux du Commonwealth ?

« J’en ai fait l’objectif principal de ma saison. Je veux gagner, rien de moins. Et, si possible, battre mon record personnel. »

Vous vous imaginez un jour dans la peau d’une recordwoman du monde du 100 m haies ?

« J’ai seulement 24 ans, je continue à progresser. L’an passé, une blessure a failli me priver des championnats du monde à Berlin. J’y suis allée sans être prête, j’ai terminé 5ème en finale. Après, j’étais tellement déprimée que je ne voulais voir une haie. J’ai essayé l’heptathlon, mais ce n’était pas l’idéal pour soigner ma blessure. A terme, je pense pouvoir courir en 12’’30/12’’40. Le record du monde est à 12’’21 (détenu depuis 1988 par la Bulgare Yordanka Donkova). Je n’en serai alors plus très loin. »

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