Talence, la Mecque des épreuves combinées
© AFP
L’élite mondiale du décathlon et de l’heptathlon a rendez-vous dans la banlieue bordelaise, les 18 et 19 septembre prochains. Au programme, la 35ème édition du Décastar. Un must de la discipline.
Un plateau doré sur tranche
Les meilleurs décathloniens et heptathlètes le savent depuis leur première paire de pointes, une carrière ne sera jamais complète sans au moins un arrêt dans les deux lieux saints de la discipline : Götzis, en Autriche, et Talence, en Gironde. Le premier de ces deux rendez-vous se tient en début de saison, à la fin du mois de mai. Le second a toujours dressé son décor en fin d’été, à la mi-septembre. Il n’y manque aucun grand nom. Cette année, Romain Barras y étrenne son titre de champion d’Europe, face à ses rivaux de Barcelone et aux meilleurs Américains. « Il m’est arrivé de manquer Götzis, mais je suis toujours resté fidèle à Talence », explique-t-il. Le Français n’y a jamais gagné, à la différence de Christian Plaziat, champion d’Europe en 1990, recordman des victoires au Décastar avec cinq succès.
Un passé en argent massif
Deux grands noms manquent au palmarès du Décastar : l’Américaine Jackie Joyner-Kersee et la Suédoise Carolina Klüft. Pour le reste, les figures les plus reconnaissables des épreuves combinées y ont laissé une trace. En 1976, pour la première édition, l’Anglais Daley Thompson s’offre un record du monde junior. En 1984, l’Américaine Jane Frederick établit le record du monde de l’heptathlon avec 6803 points. En 1992, l’Américain Dan O’Brien, frustré de n’avoir pu décrocher sa sélection pour les Jeux de Barcelone, fait à son tour voler en éclats le record mondial, avec 8891 points. Tomas Dvorak et Roman Sebrle, les deux géants tchèques, y ont connu la victoire, tout comme Eunice Barber, Heike Drechsler et Laurent Hernu.
Un public de connaisseurs
A Talence, les spectateurs n’observent pas les épreuves combinées du coin de l’œil. Ils en suivent chaque épisode comme un feuilleton, se déplaçant d’un coin à l’autre du stade de Thouars pour se poser au plus près des compétiteurs. Fait unique : le public est même autorisé à s’assoir sur la piste, pour apprécier du plus près le concours de la perche. Aveu de Jean-Yves Cochand, l’entraîneur national : « Les gens connaissent les athlètes, mais aussi le règlement et les performances. Certains viennent même avec une table de cotation. On ne voit cela qu’à Götzis et à Talence.»
Un label digne de confiance
Le Décastar est estampillé du label très officiel du « Challenge mondial des épreuves combinées », un circuit mis en place par l’IAAF, la Fédération internationale d’athlétisme. Une étiquette qui lui assure, année après année, la présence des meilleurs mondiaux au décathlon et à l’heptathlon.
Une habitude de créer l’événement
Il se passe (presque) toujours quelque chose au Décastar. En 1976, pour la première édition, Guy Drut y avait tenté l’aventure du décathlon, quelques semaines après sa médaille d’or olympique au 110 m haies. Longtemps en tête, il terminera 5ème. Vingt ans plus tard, Jean Galfione s’essaye lui aussi au décathlon. Une expérience douloureuse, mais le champion olympique profite de l’occasion pour établir un record du monde du saut à la perche en épreuves combinées, avec 5,75 m. En 2004, Marie Collonvillé établit à Talence le premier record du monde féminin du décathlon. L’an passé, la Française choisit le stade de Thouars pour disputer le dernier heptathlon de sa longue carrière.

Découvrez le Best Of 2011



