Leroy Burrell, le coach qui monte
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L’ancien recordman du monde du 100 m, partenaire d’entraînement et complice de Carl Lewis, est devenu entraîneur. A Houston, la ville de ses années d’étudiant. Et il s’y est déjà fait un nom.
Au début des années 90, le sprint américain ne se résumait pas à Carl Lewis. Il comptait aussi Leroy Burrell. Au premier regard, une sorte d’anti Carl Lewis. Tout en muscles et en rondeurs, excellent partant mais piètre finisseur, discret jusqu’à l’effacement, peu bavard mais accessible. Lewis et Burrell s’entraînaient ensemble, à l’Université de Houston, au Texas, sous les ordres de Tom Tellez. Ils portaient les mêmes couleurs, celles du Santa Monica Track Club. Et ils voyageaient sur le circuit européen flanqués du même agent, le minuscule Joe Douglas.
Leroy Burrell n’a jamais connu le privilège d’un titre majeur. Deuxième sur 100 m aux Mondiaux de Tokyo, en 1991, derrière Carl Lewis (9’’86 contre 9’’88), il échoue à la cinquième place de la finale des Jeux de Barcelone, une course dont il était favori. Mais, fait rarissime, il améliore par deux fois, durant sa carrière, le record du monde du 100 m. Une première fois aux sélections américaines pour les Mondiaux en 1991, à New York, avalant la ligne droite en 9’’90. Une deuxième fois trois ans plus tard, au meeting de Lausanne, en 9’’85.
Gêné par les blessures, Leroy Burrell range ses pointes en 1998, à 31 ans. Avec l’impression désagréable d’être passé à côté d’une carrière que son talent aurait pu rendre plus riche et brillante.
Depuis, l’Américain n’a pas quitté l’athlétisme. A peine sa retraite annoncée, il a été choisi par les dirigeants de l’Université de Houston, dont il était sorti en 1991 avec un diplôme en communication et journalisme, pour succéder à Tom Tellez au poste d’entraîneur en chef de l’équipe d’athlétisme. « Je n’imaginais pas que la proposition me serait faite aussi rapidement, explique-t-il. Et je me sentais intimidé de prendre la place de Tom, l’un des plus grands techniciens de l’histoire de notre sport, qui a formé plusieurs champions olympiques, dont Carl Lewis, Mike Marsh et Joe DeLoach. Mais j’ai accepté. »
Bien lui en a pris. L’entraîneur Leroy Burrell n’a pas tardé à exprimer son flair et sa compétence. Les équipes des Cougars, surnom des athlètes de Houston, ont d’abord trusté les titres dans l’état du Texas. Avant de s’illustrer dans les compétitions NCAA au niveau national. En 2008, il a été désigné « Coach de l’année » aux Etats-Unis au terme de la saison en salle. Marié à l’ancienne sprinteuse Michelle Finn (11’’16 au 100 m en 1993) et père de trois enfants, Leroy Burrell vient de prolonger son contrat pour une onzième saison à la tête des Cougars. Et son nom circule avec de plus en plus d’insistance parmi les candidats à un poste d’encadrement de l’équipe US aux Jeux de Londres en 2012.

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