Les Anglais jouent la carte orange
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Pour réussir ses Jeux, à Londres en 2012, l’athlétisme britannique a bousculé ses habitudes. Et confié sa destinée à un entraîneur néerlandais… assisté d’un Américain.
A deux ans des Jeux de Londres, l’athlétisme britannique se frotte les mains. Les championnats d’Europe de Barcelone ont été un succès. Avec 19 médailles, dont 6 titres, la sélection n’a pas manqué son rendez-vous. « Le tableau de marche est respecté », assurent d’une même voix les coachs anglais. Quatre ans plus tôt, à Göteborg, le bilan avait été correct, mais sans plus : 11 médailles, pour un seul titre, et une 10ème place au classement des nations.
Le « miracle » porte un nom : Charles Van Commenee. Un Néerlandais pure souche, né dans un quartier pauvre d’Amsterdam. Passionné d’athlétisme dès son plus jeune âge, mais pas assez doué pour y faire carrière, il a très tôt abandonné ses pointes pour devenir entraîneur. Un choix judicieux. Dans les années 90, il est nommé responsable des lancers et des épreuves combinées aux Pays-Bas. Il s’occupe aussi d’une lanceuse de poids chinoise, et surtout de l’Anglaise Denise Lewis, qui deviendra grâce à lui championne olympique de l’heptathlon en 2000 à Sydney.
Depuis deux ans, la Fédération britannique d’athlétisme a confié les clefs de sa bâtisse à Charles Van Commenee. Depuis, cet homme à poigne, connu pour ne jamais se laisser marcher sur les pieds, a dépoussiéré la maison. Il a organisé l’encadrement de l’équipe nationale sans se laisser distancer par le temps. « Tout devait être en place au début de l’année 2010, explique-t-il. Après, il aurait été trop tard. » Puis il a ouvert un à un les dossiers de tous les candidats à une médaille olympique. Et mis le doigt sur leurs faiblesses respectives. « La tâche est assez simple, dit-il. Tous nos meilleurs athlètes doivent s’améliorer individuellement. Gagner en puissance pour tel sprinteur, améliorer son sens tactique pour tel coureur de demi-fond, progresser en technique... Nous ne possédons plus autant de talents que dans les années 80. Alors, nous devrons savoir en tirer le maximum.»
Son bras droit a lui aussi été recruté à l’étranger. Dan Pfaff est Américain. Plus tôt dans sa carrière, il a conduit le Canadien Donovan Bailey au titre olympique du 100 m à Atlanta en 1996. La Fédération anglaise l’a fait venir, à prix d’or, pour diriger un centre d’entraînement national installé non loin de Londres. Sa mission : suivre, au jour le jour, l’état physique des futurs sélectionnés aux JO de 2012. Avec une priorité : les tenir à l’écart de la blessure. « Aux Mondiaux de Berlin, l’an passé, au moins quatre de nos meilleurs athlètes étaient sévèrement blessés. Si tous arrivent au sommet de leur forme à Londres, nous aurons fait la moitié du chemin. »
Charles van Commenee a annoncé récemment à la presse anglaise que l’objectif de l’équipe d’athlétisme aux J.O. de Londres serait de ramener huit médailles, dont un titre. Beaucoup ont trouvé l’ambition un rien minimaliste. S’ils y parvenaient, les athlètes britanniques signeraient pourtant le meilleur résultat collectif de leur histoire.

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