Muriel Hurtis : « J’en ai bavé comme jamais »
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Il n’y pas d’âge pour changer de route. A 31 ans, Muriel Hurtis a abandonné le 200 m, pour se lancer sur 400 m. Avec succès. Histoire d’une étonnante reconversion.
Comment passe-t-on en cours de saison du 200 au 400 m ?
« Dans mon cas, du jour au lendemain. Après le meeting de Sotteville, le 12 juin 2010, j’ai compris que je n’aurais aucune chance d’aller à Barcelone sur 200 m. J’y avais réalisé 23’’70. Gagner une seconde en un mois semblait impossible. J’étais trop loin. Alors, avec mon entraîneur Renaud Longuèvre, nous avons décidé de tenter l’aventure du 400 m. Le lendemain, je commençais une préparation sur cette distance. »
La décision d’abandonner le 200 m, votre distance, a été difficile à prendre ?
« Non. J’y ai vu une opportunité de commencer quelque chose de nouveau. Et surtout de décrocher ma sélection pour les championnats d’Europe. J’ai pris les choses du bon côté, retenant plus le début d’une aventure que la fin d’une époque. »
Et l’entraînement ?
« J’en ai bavé comme jamais. Je n’avais pas effectué de préparation foncière pour cette distance. J’avais zappé toutes les étapes. Du coup, il fallait rentrer dedans tout de suite, encaisser les séances spécifiques. Par exemple, 250 m à fond, une minute de récupération, puis 150 m à fond. Je n’avais jamais fait un truc pareil. C’est affreux. »
Vous avez aussi découvert la souffrance du 400 m ?
« Oui. Et la découverte a été rude. Le 400 m n’a rien à voir, physiquement, avec le 200 m. Je croyais connaître la douleur pour l’avoir souvent ressentie dans les derniers mètres d’un 200 m. Mais je ne connaissais rien du tout. Au 400 m, on puise dans ses réserves, pour se retrouver très vite dans un état lactique. »
Vous avez encore beaucoup à y apprendre ?
« Oh oui… A commencer par l’aspect tactique de la course. Je dois oublier mes habitudes du 200 m, où on fonce sans se poser de questions. Sur le tour de piste, il faut gérer son effort, accepter de ralentir. En finale des championnats d’Europe à Barcelone, je suis partie beaucoup trop vite. Dans la dernière ligne, j’ai complètement craqué (elle a terminé 8ème en 52’’05). J’ai fait connaissance avec le mur. »
Vous avez aussi participé à un relais que vous ne connaissiez pas, le 4x400 m…
« C’est vrai. Et j’ai trouvé ça sympa. J’avais l’habitude du 4x100 m, où les filles restent toutes un peu chacune de leur côté. Dans un collectif de 4x400 m, l’ambiance est plus soudée et solidaire. »
Comment voyez-vous votre avenir sur 400 m ?
« Je n’ai même pas effectué une préparation complète, mais j’ai quand même descendu mon record à 51’’40 et atteint la finale européenne. Je ne sais pas du tout jusqu’où je peux aller, mais j’ai certainement une grande marge de progression. »
Vous êtes impatiente de débuter une nouvelle saison ?
« Oui et non. Pour être honnête, j’appréhende beaucoup l’entraînement du 400 m. On m’en a parlé. J’en ignore les détails, mais je sais que le plus dur est à venir. Je vais en baver. »

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