Garfield Darien : « L’athlétisme n’est pas un long fleuve tranquille »
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A 22 ans, le nouveau vice-champion d’Europe du 110 m haies découvre le très haut niveau et la vie sur le circuit international. Un apprentissage qui a réservé certaines surprises au jeune Français. Il raconte.
Vous avez découvert les championnats d’Europe à Barcelone. Quelles différences y avez-vous trouvées avec le même évènement chez les juniors ?
« Les haies ont la même hauteur, 1,06 m ! Et tous les gars ont la même envie de gagner. Mais le niveau est peu comparable. Chez les juniors, passer le stade des séries se révèle assez facile. En seniors, il faut se battre dès le premier tour. »
Vous avez aussi découvert, depuis l’an passé, la vie sur le circuit international. Vos impressions ?
« Je crois vraiment que j’aime cette vie. Deux ou trois mois à voyager d’un meeting à l’autre, en France et à l’étranger, descendre dans les beaux hôtels, croiser les meilleurs athlètes du monde, pouvoir parler avec eux, apprendre à leur contact… C’est génial. Mais j’aime aussi rentrer chez moi, poser mes sacs et me ressourcer. »
C’est la belle vie ?
« D’une certaine façon, oui. Mais il ne faut pas se laisser aveugler par ce luxe et ce confort, se croire arrivé. On en perdrait vite de vue l’essentiel, la recherche de la performance. Moi, je ne me laisserai pas distraire, car je suis encore loin d’avoir atteint mon objectif sportif. Je veux courir beaucoup plus vite. Je sais que je dois rester concentré pour atteindre mon but. »
Qu’avez-vous appris au contact des meilleurs hurdlers du monde ?
« J’ai beaucoup observé l’Américain David Oliver, le numéro un mondial du moment (12’’89 au Meeting AREVA 2010, à deux centièmes du record du monde). Il fonctionne à l’américaine, un peu m’as-tu-vu, très spectaculaire. A Monaco, par exemple, il voulait courir avec ses propres haies et ses starting-blocks personnels. Ma mentalité est différente. Mais j’ai beaucoup regardé sa technique de départ. Cette année, il en a changé pour effectuer sept foulées avant la première haie. Je voulais voir la façon dont il s’y prend. »
Vous avez aussi découvert les règles du professionnalisme ?
« Oui. J’ai réalisé, sur les meetings et dans les championnats, tout ce qui entourait la performance : la préparation, la gestion du temps, des médias, la mentalité… L’athlétisme n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut savoir mettre tous les atouts de son côté, ne négliger aucun détail. »
Quel rôle a joué Ladji Doucouré dans cet apprentissage du haut niveau ?
« Ladji est un modèle pour les plus jeunes. Ma relation avec lui est très particulière. Nous sommes très proches. Et ça remonte à l’époque où j’étais cadet. Il m’a donné beaucoup de conseils, il continue. A Barcelone, aux championnats d’Europe, il a pris du temps pour répondre aux questions techniques que je me posais à l’entraînement, avant le début des épreuves. Sur la piste, nous sommes rivaux. Mais Ladji a toujours été pour moi une sorte de guide. »

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