Objectif Londres

Christian Cantwell : « Je suis lymphatique et bavard »

Christian Cantwell, champion du monde du lancer du poids

© AFP

Champion du monde du lancer du poids, l’Américain ne fait rien comme les autres. Il déjeune pendant ses entraînements, déteste les voyages et il a promis à sa femme de lui ramener en fin de saison le diamant de la Diamond League.

L’année 2010 ne compte aucun évènement majeur pour les athlètes américains. Quel objectif allez-vous essayer d’atteindre ?

« Je n’ai pas eu à chercher longtemps un objectif pour cette année de transition : ma femme Terri veut que je lui ramène le diamant, qui est je crois, de quatre carats, remis en fin de saison aux vainqueurs de la toute nouvelle Diamond League. Elle sait exactement à quel doigt elle veut le porter. Et je ne veux pas la décevoir. »

Vous êtes donc l’un des plus fervents défenseurs de cette Diamond League…

« Absolument. En plus, elle va me permettre de découvrir enfin tous ces grands meetings, Oslo, Rome, dont je rêvais quand j’ai commencé à m’investir sérieusement dans le lancer du poids. Ma discipline n’avait plus été inscrite au programme de la Golden League depuis 2000. Je n’ai donc jamais pu participer à ces compétitions. Cette année, je vais enfin en être. »

Vous aimez voyager ?

« Pour être honnête, pas vraiment. Disons plutôt que je n’aime pas rester trop longtemps loin de chez moi. Aux Etats-Unis, je peux rester deux semaines sans ressentir le besoin de sortir de la maison. »

Quel est votre régime d’entraînement ?

« Il est le même depuis des années. Je sais qu’il peut surprendre. Mais il me convient parfaitement. Je quitte la maison pour aller m’entraîner tous les jours de la semaine à midi. Et je reviens rarement avant 18 h ou 18 h 30. Dans l’intervalle, je m’entraîne. Mais je suis d’une nature un peu lymphatique, j’aime faire les choses à mon rythme, sans me presser. Et je suis un grand bavard. Je m’arrête souvent pour discuter avec les uns ou les autres. En plus, j’interromps mon entraînement, en début d’après-midi, après un échauffement et une séance technique, pour déjeuner. Je m’y remets ensuite avec un nouvel échauffement : de la musculation, des étirements, de la course et encore des étirements. »

Avez-vous le sentiment d’avoir progressé cette année ?

« Oui. Je n’ai encore aucune certitude, je ne sais pas jusqu’où je peux aller. Mais les choses me semblent plus faciles. Lancer à 21 m, par exemple, ne m’a jamais paru aussi aisé que cette année. Je ne sais pas trop comment l’expliquer. L’âge, l’expérience, l’entraînement, peut-être. Et puis, je prends un plaisir immense à ce que je fais. Je m’amuse beaucoup. »

Beaucoup de lanceurs de poids aimeraient trouver cela « facile » de lancer à 21 m…

« C’est vrai, mais cette performance constitue désormais une sorte de plancher. J’ai d’ailleurs comme objectif cette saison, en plus de ramener un diamant à la maison, de réussir au moins 21 mètres à chacune de mes sorties. John Godina (champion du monde en 1995, 1997 et 2001, ndlr) détient le record du genre, avec 85 concours à 21 m ou plus pendant sa carrière. J’en suis exactement au même niveau. Mais je veux dépasser John, qui reste à mes yeux une légende du lancer du poids et de l’athlétisme américain. »

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