Andreas Thorkildsen, un lanceur taillé pour l’histoire
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Le Norvégien n’a pas encore 30 ans, mais il a déjà tout gagné au lancer du javelot. Sans faire de bruit. Et il entend bien continuer.
Son faux air de David Beckham et sa voix doucement posée suggéreraient le contraire, mais Andreas Thorkildsen est une terreur. Dans un concours de javelot, il aime réduire en miettes les illusions de ses rivaux, pourfendre l’impossible et tailler l’adversité en pièces. A 14 ans, il s’offrait son premier record de Norvège, dans sa catégorie d’âge. Depuis, il a pris un soin presque maniaque à compléter, année après année, sa collection de trophées. Aujourd’hui âgé de 28 ans, il a déjà assuré sa place dans les livres d’histoire en réalisant le doublé olympique, en 2004 à Athènes puis quatre ans plus tard à Pékin. En décrochant la médaille d’or mondiale, l’été dernier à Berlin, il a accompli une trilogie championnats d’Europe, du monde et Jeux olympiques, jusque-là inédite au lancer du javelot.
« Plus jeune, j’étais passionné de football, mais je suis devenu naturellement lanceur de javelot », aime-t-il expliquer. Dans la famille Thorkildsen, l’athlétisme se transmet comme un legs. Le père, Tomm, a lui-même lancé l’engin, à un bon niveau national. La mère, Bente, a dominé le 100 m haies norvégien au début des années 70. Andreas, le plus jeune des deux garçons du couple, débute à 11 ans, sous l’aile de son paternel. Il est doué, accrocheur et passionné. La suite démontrera qu’il possède, en plus de ces atouts, une exceptionnelle capacité à répondre présent le jour J. Aux Jeux d’Athènes, par exemple, le jeune Norvégien entame la compétition dans la peau d’un modeste outsider. Il se fait à peine remarquer pendant le concours de qualification. En finale, il est troisième après les trois premiers essais. Mais le cinquième le voit pulvériser son record personnel, avec un jet mesuré à 86,50 m, pour prendre la tête de la compétition. Il ne sera plus rejoint. Et décroche la médaille d’or, une victoire qu’il décrit encore aujourd’hui comme « complètement folle et surréaliste ».
A 16 ans, il abandonne le football, qu’il menait de pair avec l’athlétisme, pour se consacrer au javelot. A 19 ans, il quitte le domicile familial pour s’installer à Oslo, où il rejoint le groupe de l’entraîneur Asmund Martinsen. « Un choix judicieux et décisif », résume-t-il. Avec lui, Andreas Thorkildsen a travaillé sa condition physique avec patience et obstination, s’échappant tous les ans de Norvège pour se préparer, durant l’hiver, en Afrique du Sud et au Portugal. « Il y a deux ans, j’avais pris l’habitude de courir une demi-heure tous les matins », explique-t-il. Aujourd’hui, cet amateur de hard-rock se dit persuadé que sa progression passera, ces prochaines saisons, par une technique encore plus fine et maîtrisée. « Sur le physique, je pense avoir atteint mon maximum », dit-il. Ses adversaires le croient sur parole, à force de le voir hisser sa silhouette sans rondeurs (il mesure 1,88 m pour 90 kilos) sur tous les podiums de la planète.

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