Maria Mutola, star du foot en Afrique du Sud
© DPPI
L’ancienne reine du 800 m, retirée des pistes depuis deux ans, court toujours. Mais, désormais, elle le fait derrière un ballon de football.
Existe-t-il une vie après l’athlétisme ? Maria Mutola a trouvé la réponse sur le plus improbable des terrains : un stade de football. L’ancienne star du demi-fond, championne olympique du 800 m en 2000 et douze fois médaillée mondiale sur la distance, a décidé d’assouvir sa passion du sport en courant derrière un ballon rond. Elle a rejoint l’an passé l’équipe féminine de Luso Africa, dans le championnat de première division d’Afrique du Sud. Elle y évolue à la pointe de l’attaque. « Je suis là pour marquer des buts, explique-t-elle. Et ma vitesse m’aide beaucoup à faire la différence, un peu comme Cristiano Ronaldo. J’ai oublié le nombre de fois où j’ai scoré cette saison, mais j’ai terminé meilleure réalisatrice de mon équipe. Et il m’est arrivé une fois de marquer à quatre reprises au cours d’une rencontre. »
Agée de 37 ans, retirée des pistes à l’issue des Jeux de Pékin, en 2008, la Mozambicaine avoue avoir chaussé les crampons par le plus grand des hasards. Elle avait accompagné un ami en recherche d’un club de football en Afrique du Sud, où elle passe désormais une grande partie de l’année. « Et je me suis retrouvée, à la fin de la journée, avec un maillot sur les épaules, au milieu du terrain, raconte-t-elle. Mais le foot était mon premier amour. J’y jouais, toute petite, avant d’être repérée par un entraîneur d’athlétisme et orientée vers le demi-fond. »
Au Luso Africa, un club de la banlieue Est de Johannesburg, Maria Mutola évolue au plus haut niveau du football féminin. Son équipe joue les premiers rôles dans le championnat national. Elle compte dans son effectif trois internationales sud-africaines. « L’entraînement est sérieux, je m’y implique à fond, explique-t-elle. Mais la discipline n’a plus rien à voir avec ce que j’ai connu pendant ma carrière d’athlète. Je peux manger ce que je veux et ce que j’aime, sans avoir à me priver. Et s’il pleut des cordes, il m’arrive de rester chez moi et de manquer une séance. Avant, je n’aurais jamais osé faire l’impasse sur un seul entraînement d’athlétisme. Pendant plus de vingt ans, j’ai suivi à la lettre tout ce qui était inscrit dans mon programme.»
Volontiers militante de la cause africaine, Maria Mutola a prévu d’assister en spectatrice à un maximum de rencontres du Mondial. Elle avoue espérer un parcours brillant des Bafana Bafana, le surnom des joueurs de la sélection sud-africaine. « Pour la réussite du tournoi et pour le bonheur des Africains », dit-elle. Mais elle soutiendra aussi le Brésil, son équipe de cœur.

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