Damiel Dossevi : l’interview haut perchée
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Champion d’Europe junior en 2005, le compagnon d’entraînement de Romain Mesnil en connaît un rayon sur les perches et sur leurs secrets de fabrique.
Peut-on dire que la réussite ou l’échec d’un saut tient très souvent au choix de la perche ?
« Au plus haut niveau, la perche entre sans doute pour 50% dans la performance. Sans un bon choix de matériel, la réussite est impossible. Un perchiste doit choisir le bon engin, puis savoir le régler. Tout un travail préparatoire indispensable. »
Par exemple ?
« D’abord, choisir la perche qui convient parfaitement aux conditions dans lesquelles on saute. Parfois elle est trop souple, parfois trop dure. Ensuite, le perchiste doit décider du bon levier à utiliser. On ne peut imaginer réussir un bon résultat sans prendre ces paramètres en compte. »
Comment fait-on pour choisir la bonne perche ?
« Lorsque l’on débute, le choix se fait au feeling, rien d’autre. Avec le temps et l’expérience, ça vient tout seul. Tu prends la perche dans tes mains, tu la pèses. Tu observes pour voir si tu parviens à bien la tenir, à la sentir. On essaye quelques sauts en réglant l’indice de flexion. Si on se sent à l’aise avec, on la garde. Sinon, on change l’indice et regarde lequel nous correspond le mieux. Il dépend uniquement des habitudes du sauteur, quelle que soit la perche utilisée. »
Combien coûte une perche ?
« Il faut compter entre 500 et 600 euros pour une perche de haut niveau. Un coût lourd à assumer pour un sportif français, même s’il fait partie comme moi de la LNA (Ligue Nationale d’Athlétisme). Ce montant s’explique par les matériaux utilisés, notamment des fibres de verre et de carbone. »
Vous possédez vos propres perches ?
« Oui, j’en possède une dizaine aujourd’hui. Mon club, le CA Montreuil, en a assuré l’achat, mais ce matériel m’appartient. Ce sont mes perches. Je les utilise à l’entraînement et en compétition. »
En avez-vous déjà cassé une ?
« Oui, mais une seule fois. C’était pour une petite compétition. Je suis retombé sur le tapis, donc rien de bien méchant. C’était plus de la surprise qu’autre chose, on ne calcule pas trop le truc. La perche avait été fragilisée par le voyage. »
A ce propos, vous n’avez jamais eu de problème en avion ? Voyager avec des perches pouvant mesurer 5 mètres ne doit pas être facile...
« Non, je n’ai jamais vraiment eu beaucoup de problèmes. On surprend un peu les gens s’ils ne sont pas au courant, mais généralement ça va. En avion, j’ai surtout peur que les bagagistes abîment notre matériel. En revanche, c’est légèrement plus compliqué en voiture ! En 2005, je me suis retrouvé tout seul à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, sans pouvoir trouver un moyen de rentrer avec mes perches… J’ai attendu jusqu’à 2 heures du matin avant qu’un taxi daigne me prendre avec mon matériel. On a dû bourrer la voiture et laisser le coffre ouvert pour ne pas casser les perches. Je vous laisse imaginer le tableau. »

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