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Romain Mesnil : « Avec ma biographie, j’ai l’impression d’être immortalisé »

Romain Mesnil publie son autobiographie

© Solar Editions

Le vice-champion du monde du saut à la perche se raconte dans une autobiographie, « Ma vérité toute nue »*, sortie début juin. Une expérience pleine de surprises.

Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans l’aventure d’une autobiographie ?

J’en avais eu l’idée à l’automne 2008, après les Jeux de Pékin. Moralement, j’étais alors assez bas. Je souffrais intérieurement. Mais ces douleurs m’avaient aussi fait réaliser que je vivais des choses intéressantes, au-delà du sport et de la performance. Après les Mondiaux de Berlin, l’an passé, un ami écrivain, Jean-Paul Alaux, m’a proposé de m’aider à l’écrire. J’ai foncé.

 

Comment avez-vous procédé ?

J’avais les idées, mais je me montrais souvent maladroit pour les mettre sur le papier. Je suis un scientifique, très structuré mais pas vraiment littéraire. Jean-Paul Alaux a donc rédigé de son côté, puis j’ai retravaillé les éléments sur le manuscrit page après page. Et ma femme a écrit elle-même le dernier chapitre.

Que pensez-vous du résultat ?

Je trouve très agréable de voir le livre, le produit fini. Le résultat me plaît, j’ai l’impression d’être un peu immortalisé. Et le style correspond à ce que je souhaitais, quelque chose de léger, facile à lire. J’aimerais qu’il devienne un bouquin de plage, qui montrerait à des lecteurs sans grande culture sportive ce qu’est la réalité du haut niveau.

Se raconter dans un bouquin a parfois valeur de thérapie. Vous l’avez vécu ainsi ?

Un peu, oui. J’ai longtemps eu du mal à vraiment me raconter. Il y a une dizaine d’années, une journaliste m’avait dit, à la fin d’une interview, que j’étais lisse, que je n’exprimais pas grand-chose. En survolant les choses, j’essayais sans doute de ne pas me mettre en danger. Avec le temps et la confiance, j’ai appris à me confier. Mettre par écrit tous ces souvenirs a ravivé certaines douleurs. Mais, en même temps, ça aide aussi à prendre du recul. Le sportif de haut niveau donne souvent à ses blessures et ses échecs une importance démesurée. Le bouquin m’a permis de les mettre derrière moi et les relativiser.

Cette expérience littéraire a-t-elle été difficile ?

Non, au contraire, j’ai pris un plaisir fou à écrire ce bouquin et raconter ma vie. J’y pensais beaucoup, dans la vie de tous les jours, les souvenirs me revenaient petit à petit. L’expérience a été géniale.

Pourquoi l’avoir titré « Ma vérité toute nue » ?

L’idée est venue de l’éditeur, en référence à l’épisode de l’an passé, lorsque j’avais couru nu avec ma perche dans les rues de Paris, pour créer un buzz et trouver des sponsors. Je me suis rendu compte que le public me connaissait plus grâce à cette expérience que par mes performances de perchiste. Je le regrette. Ca me met même en rage. Mais le système est ainsi. Aujourd’hui, c’est l’image qui fait un athlète, pas ses résultats.

A propos, avez-vous retrouvé un équipementier ?

Non. J’ai cherché, j’ai bataillé pour en trouver un, j’ai même proposé à certains un plan de communication sur trois ans. Mais sans résultat. J’en ai souffert, car il est toujours difficile de se dire qu’on ne représente rien pour des marques. Mais aujourd’hui, je n’y pense plus. J’ai pris du recul.

*Ma vérité toute nue, de Romain Mesnil. Editions Solar, 252 pages, 18,90 euros.

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