Objectif Londres

Manuela Montebrun : « Les lanceurs de marteau ne sont pas les seuls à abîmer la pelouse !  »

Manuela Montebrun ne comprend pas la disparition de sa discipline dans la Diamond League

© DPPI

Pas facile tous les jours, la condition de lanceur de marteau. La discipline, déjà peu médiatique, a été écartée de la nouvelle Diamond League. Une situation que la recordwoman de France subit avec philosophie et bonne humeur.

Comment avez-vous réagi en apprenant que le lancer du marteau avait été écarté de la Diamond League ?

« Je l’ai appris sur le tard, il y a moins d’un mois. Et un peu par hasard. A la place, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a créé un challenge mondial. C’est mieux que rien, mais j’y vois une forme d’injustice. Je ne suis pas sûre de beaucoup m’y intéresser. Ses étapes sont mal placées par rapport à mon programme personnel, ou disputées au bout du monde, comme à Rio de Janeiro par exemple. »

Que reproche-t-on au lancer du marteau ?

« Je ne sais pas. J'ai du mal à comprendre. Nous abîmons la pelouse, disent certains. Mais nous ne sommes pas les seuls. Les autres lanceurs font aussi des trous dans le gazon. Quant au danger, je vois mal en quoi un marteau est plus dangereux qu’un javelot. La Diamond League est une invention de l’IAAF. En tant qu’institution suprême de l’athlétisme, il me semblerait normal qu’elle traite toutes les disciplines avec les mêmes égards. »

Vous vous sentez sous-estimée ?

« Un peu, oui, forcément. Nous sommes comme les marcheurs, des exclus. Et le pire est de découvrir que le lancer du marteau a disparu de certains meetings, devenus Diamond League, où il était encore l’an passé au programme. Je pense à la réunion de Doha, notamment. »

Comment établissez-vous votre programme de meetings ?

« Je privilégie les étapes du circuit de la Ligue Nationale d’Athlétisme (LNA), car j’en fais partie. C’est donc une forme d’obligation professionnelle. Pour le reste, j’accorde la priorité aux concours où je possède a priori une chance de jouer la victoire. Et j’évite ceux où je risque de devoir faire un très long voyage pour être éliminée au bout de trois essais. »

Vous arrive-t-il de vous laisser tenter par l’attrait touristique d’une compétition ?

« Non, jamais. Je n’ai pas l’âme d’une touriste. Je suis même plutôt d’une nature casanière, jamais aussi bien que dans mon chez moi. Mes critères de choix sont toujours purement sportifs, même si je préfère lancer à l’Ile Maurice que dans la banlieue de Moscou. En plus, je ne suis pas une fanatique de l’avion. Quand je le peux, je me déplace plutôt en train. »

La qualité de l’accueil et des installations, l’ambiance d’un meeting, son décor, peuvent-ils vous faire choisir une compétition plutôt qu’une autre ?

« En général, je sors peu de l’hôtel. Je reste dans ma bulle, concentrée, à l’écart. Mais je tiens compte de la qualité du cercle de lancer. J’en fais même un critère de choix important. J’aime les cercles rapides, donc plutôt lisses. A l’inverse, je suis mal à l’aise sur un plateau rugueux, où je vais ressentir en tournant les aspérités du sol. En France, j’ai notamment une préférence pour les réunions de Castres et Reims. Mais j’essaye aussi de me forcer à aller lancer partout, car je me dis que le cercle est le même pour tout le monde. »

AREVA partenaire de l'athlétisme
GEX_GUIDE_RUNNING

L'oeil de

« Venez tous nous encourager aux championnats d’Europe

en salle à Bercy ! »

Ladji Doucouré