Lavillenie attend Hooker au MEETING AREVA
© DPPI
Le Français et l’Australien se retrouveront sur le même sautoir, vendredi 16 juillet 2010, au Meeting AREVA. Un duel en altitude que le premier attend avec impatience et ambition.
Dans quel état se sent-on à l’idée de rencontrer l’Australien Steve Hooker, champion olympique et mondial du saut à la perche ?
« Impatient. Et extrêmement motivé. Steve Hooker est actuellement le meilleur perchiste du monde, c’est certain. Mais je ne crains pas de le rencontrer. Au contraire, je crois que nous avons besoin, l’un comme l’autre, de nous retrouver quatre ou cinq fois par an sur le même sautoir. Ces confrontations nous font le plus grand bien, elles nous poussent à aller chercher la performance.»
Cette saison, vous aurez la même ambition ?
« Non. Steve et moi ne poursuivons pas les mêmes objectifs. Lui va se concentrer sur les meetings, il est ambassadeur de la Diamond League, son calendrier est vierge d’évènements majeurs. De mon côté, j’ambitionne surtout de remporter la médaille d’or aux championnats d’Europe, fin juillet à Barcelone. Ma préparation doit donc être plus précise, pour rechercher un pic de forme au moment de l’Euro. Mais, d’un autre côté, la meilleure manière de préparer un grand championnat est d’aller rencontrer les cracks un peu partout à l’étranger.»
Steve Hooker peut-il battre le record du monde de Sergueï Bubka, cette barre à 6,15 m effacée en indoor ?
« A terme, oui. Il a les moyens d’aller chercher ce record, avec ou sans moi. Je l’imagine très bien s’y essayer le plus souvent possible, au cours de la saison. Mais je ne le vois pas le battre. Du moins, pas cette année.»
Et vous ?
« Moi, je veux avancer par étape. Je dois d’abord m’habituer aux 6 m, franchir cette barre une deuxième fois, puis une autre, m’y attaquer régulièrement pour ne plus me laisser impressionner. Le record du monde n’est pas encore à ma portée. Je manque de puissance et de maitrise technique.»
Que pensez-vous de la technique de Steve Hooker ?
« Sa façon de sauter est assez particulière. Il montre très haut, avec une courbe assez pointue, mais sans aller tellement vers l’avant. Le résultat est efficace mais assez risqué.»
Vous pourriez le battre, au Stade de France ou ailleurs ?
« Bien sûr. Il n’est pas invincible, loin de là. Je l’ai d’ailleurs déjà battu, l’an passé en meetings, notamment à Reims (5,82 m pour le Français, 5,77 m pour l’Australien). Dans un grand championnat, il reste le plus fort. Mais sa présence dans un concours a, sur moi, un effet très positif : je ressens cette pointe d’adrénaline qui permet de se surpasser.»
La perche mondiale se résume-t-elle aujourd’hui à un duel entre Steve Hooker et Renaud Lavillenie ?
« Non, bien sûr. La preuve, Romain Mesnil s’est intercalé entre nous, l’an passé, sur le podium des championnats du monde à Berlin. Mais nous étions les deux seuls, Steve et moi, au-dessus des 5,90 m au bilan de la saison dernière (6,01 m pour le Français, 5,96 m pour l’Australien). Dans un concours à 5,80/5,85 m, Romain peut aussi faire figure de favori. Mais au-delà, nous ne sommes que deux. Hooker et moi.»

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