Kerron Stewart : « Les athlètes féminines ne sont pas assez respectées »
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La sprinteuse jamaïcaine, médaillée d’argent olympique et mondiale sur 100 m, avoue attendre avec grande impatience deux évènements : la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud… et le jour où les athlètes féminines obtiendront le respect qu’elles méritent.
Vous faites partie du cercle fermé des sprinteuses dont les records se situent sous la barre des 11 secondes au 100 m (10’75’’) et celle des 22 secondes au 200 m (21’99’’). Laquelle de ces deux distances préférez-vous ?
« J’aime les deux, mais de manière différente. Le 100 m me ressemble plus, c’est une épreuve d’adrénaline, une explosion : tout va tellement vite. Sur 200 m, j’ai toujours eu l’impression qu’une erreur n’était pas irrémédiable, on peut corriger le tir et se replacer. Ma confiance est plus grande sur 200 m. Sur 100 m, je suis encore en phase d’apprentissage. »
Cette saison, vous allez privilégier l’une de ces deux distances ?
« Non. Je vais essayer de mener les deux plus ou moins de front. L’an dernier, j’ai beaucoup couru sur 100 m, car je voulais me tester, voir jusqu’où j’étais capable d’aller. Je crois avoir vu (son chrono de 10’’75, réalisé en juillet 2009, est le plus rapide depuis 1999, NDLR). Maintenant, je vais doubler. »
Shelly-Ann Fraser et vous avez offert l’or et l’argent à la Jamaïque sur 100 m l’an passé aux Mondiaux de Berlin. Pourtant, il n’y en a que pour Usain Bolt et Asafa Powell. Comment vivez-vous cette situation ?
« Je la trouve injuste. Bien sûr, Usain Bolt et Asafa Powell ont accompli des choses immenses. Je n’ai pas la prétention de me comparer à eux. A lui seul, Usain est en train de ramener la vie sur la piste. Mais nous, les athlètes féminines, travaillons aussi dur que les garçons. Nos performances ne sont pas inférieures. Mais nous gagnons moins d’argent. Et nous ne sommes pas autant respectées. »
L’athlétisme n’est pas assez féministe ?
« Il est à l’image du reste de la société, ni plus ni moins. Les femmes y sont moins respectées que les hommes, à compétence ou talent égaux. »
Les choses peuvent-elles changer ?
« Je ne sais pas. Il le faudrait, mais je ne suis pas sûr que j’aurai la chance de constater, avant la fin de ma carrière, que les épreuves et les athlètes féminines reçoivent la même considération, la même attention et le même prize-money que les garçons. »
Comment occupez-vous votre temps, lorsque vous voulez penser à autre chose qu’à l’athlétisme ?
« Je m’intéresse un peu à la politique. Et je regarde la télé. Surtout le sport. J’aime tous les sports, mais le football plus que tout. Je compte les jours avant le début de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Je veux voir un maximum de matchs. »
Vous avez un favori ?
« J’en aurais eu un si Zidane avait décidé de faire son retour ! Mais comme il ne jouera pas, je dirais l’Espagne, l’Argentine et une équipe africaine. Je ne sais pas laquelle, mais je suis sûre que l’une d’entre elles va créer la surprise. Je crois beaucoup aussi au Portugal. A mon avis, ils atteindront le dernier carré. »

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