Anna Rogowska : « On m’a forcée à devenir perchiste »
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La perchiste polonaise, sacrée championne du monde l’été dernier, aime la plongée sous-marine, la photographie et… l’Australien Steve Hooker ! Mais, plus que tout, elle raffole de ses nouvelles perches.
Yelena Isinbayeva, la reine de la discipline, a décidé de prendre du recul pour « une durée indéterminée ». Son absence va-t-elle changer votre vie ?
« Non. Je me suis toujours concentrée sur moi-même et sur mes performances. Je vais continuer, avec ou sans elle. Je comprends Yelena, elle était vidée nerveusement, elle avait besoin d’une coupure. »
Votre titre aux championnats du monde, l’été dernier à Berlin, a-t-il transformé votre existence ?
« Il m’a donné confiance. Et il m’a rendue assez célèbre en Pologne. Maintenant, on me reconnaît dans la rue, où que je me trouve dans le pays. Mais la réaction des gens m’amuse beaucoup, car ils sont nombreux à me dire qu’ils m’imaginaient plus grande. A la télé, je ne dois pas faire ma taille ! »
Avez-vous modifié votre entraînement, pour aller encore plus haut ?
« Pas vraiment. Je continue à sauter deux fois par semaine, et à consacrer le reste de mes séances à de la course, de la musculation et de la gymnastique. Mais j’ai surtout changé de perches. Les nouvelles sont plus dures et plus longues de dix centimètres : elles mesurent 4,55 m. Je les ai commandées car je ressentais le besoin d’avoir un nouveau matériel pour continuer à progresser. Je pensais avoir besoin de quelques semaines pour les maîtriser, mais après un seul entraînement, tout était parfait. Depuis, je les adore. »
Elles vous emmèneront bientôt à 5 m ?
« J’espère, mais sûrement pas cette année. Je veux progresser par étapes. Mon record personnel est à 4,83 m, je vise cette saison un saut à 4,90 m. Les 5 m, je suis en train de m’y habituer. Je les tente parfois à l’entraînement, avec un élastique à la place de la barre. Un saut à 5 m reste encore pour moi du domaine du rêve. Mais ma tête sera bientôt prête, mon corps aussi. »
A part vos nouvelles perches, quelles sont vos passions dans la vie ?
« J’aime la photographie. Je ne me déplace jamais sans mon appareil. Mais pour l’instant, je ne publie mes photos que sur Facebook. Et je suis passionnée par la plongée sous-marine. Je pars tous les ans plonger pendant deux semaines en Egypte, à Charm el-Cheikh. »
Vous arrive-t-il de regarder sauter les perchistes masculins, pour vous en inspirer ?
« Parfois, oui. Mais je le fais aussi avec les filles. Il y a souvent beaucoup à apprendre à observer les autres. Chez les garçons, je suis très impressionnée par l’Australien Steve Hooker. Il est fort, rapide, dynamique et technique. A mon avis, il dépassera bientôt Sergueï Bubka. L’an passé, j’étais en stage avec lui en Allemagne, avant les championnats du monde à Berlin. Je l’ai vu tenter et réussir, un saut à 5,90 m à l’entraînement. »
Le saut à la perche, c’était une vocation ?
« Pas du tout ! J’ai commencé l’athlétisme par les haies. Et je me voyais bien y faire carrière. Mais un entraîneur de perche m’a harcelée pendant trois ans pour que j’essaye la perche. J’ai cédé. Mon premier concours n’a pas été très brillant, j’ai sauté seulement 2,60 m. Mais j’ai aimé les sensations du saut à la perche, le danger, l’adrénaline. On m’a forcée à devenir perchiste, mais cette discipline est faite pour moi. »

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