Barbora Spotakova : « Je ne peux plus faire mes courses tranquillement »
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En République Tchèque, la championne olympique et recordwoman du monde du javelot est aujourd’hui une véritable star. Un statut pas toujours évident à assumer au quotidien.
Le titre olympique du javelot, décroché en 2008 à Pékin, a-t-il transformé votre existence ?
« Je ne crois pas qu’il m’ait changée. Je suis toujours la même, j’ai toujours les mêmes amis. Mais mon quotidien a changé, c’est certain. J’ai moins de temps pour moi. Moins de temps également pour l’entraînement, ce qui déplaît beaucoup à mon coach. Il m’a fallu apprendre à dire non, ce qui n’a pas été facile. Encore aujourd’hui, j’ai souvent du mal à refuser de venir assister à une réception ou une émission de télévision. Mais, à l’inverse, cette notoriété m’a ouvert beaucoup de portes. J’ai pu rencontrer des gens que je n’aurais jamais imaginé croiser un jour, des hommes politiques tchèques, des acteurs. »
Au quotidien, comment vivez-vous ce statut de vedette nationale ?
« Il m’est devenu impossible de faire mes courses tranquillement au supermarché. Les gens m’abordent, veulent me parler, être pris en photo à mes côtés. Ils sont adorables, me souhaitent bonne chance, veulent savoir où j’en suis. Mais, à l’arrivée, remplir mon frigo me prend maintenant deux ou trois heures. »
Comment faites-vous pour échapper à cette attention du public tchèque ?
« Je voyage. En Pologne, en Allemagne, dans les pays voisins, je peux passer inaperçue. Alors, je m’y échappe parfois pour quelques jours. L’hiver, je passe aussi deux mois aux Canaries, pour m’entraîner. Les conditions climatiques y sont parfaites. Et je peux aller au restaurant sans avoir à signer des autographes. »
Cette notoriété a-t-elle modifié vos projets d’avenir ?
« Oui. J’ai suivi des études d’agriculture et de développement durable. J’ai mon diplôme, je pourrai donc songer à une carrière dans ce secteur. Mais, franchement, je me vois de moins en moins faire carrière là-dedans. L’athlétisme m’offre des opportunités beaucoup plus intéressantes. Et nettement mieux payées… »
Votre vie privée a-t-elle souffert de toutes ces sollicitations ?
« Pas du tout. Mais j’ai toujours fait en sorte de séparer les deux, d’avoir des amis en dehors de l’athlétisme. Mon fiancé n’est pas un athlète : il est pompier. A la maison, je parle donc un minimum de mon entraînement, de mes performances ou de mes soucis de lanceuse. »
Que faites-vous, lorsque vous n’avez plus du tout envie de penser à l’athlétisme et au lancer de javelot ?
« J’adore le rock, notamment le rock tchèque. Je sais, ça peut faire sourire, mais je connais quelques très bons groupes dans mon pays. Alors, quand je veux me changer les idées, je vais les voir en concert. Sinon, j’emmène avec moi les deux chiens de mon fiancé et je vais marcher ou courir avec eux en forêt. Je peux partir une heure ou deux, sans voir personne. Je ne connais rien de plus relaxant. Avec le rock, ça fait un parfait équilibre. »

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