Usain Bolt : « J’espère être l’homme qui courra en 9’’40 »
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Avant de tenter de battre le record du monde du 300 mètres le 27 mai prochain lors du meeting d'Ostrava (République Tchèque), le Jamaïcain s’est confié sur ses ambitions pour 2010. Il veut rester invaincu. Et, s’il le faut, aller encore plus vite.
Qu’attendez-vous de la saison 2010 ?
« Je n’ai aucun grand championnat à mon calendrier, je vais donc me concentrer sur les meetings. Avec, en priorité, ceux de la Diamond League, dont Shanghaï, New York, Paris et Bruxelles. Je veux saisir toutes les opportunités pour aller vite. »
Plus vite que vos records du monde ?
« Peut-être. Mon objectif, cette année, est de terminer la saison invaincu et sans blessure. Si je dois, pour rester invaincu, battre mon record du monde sur 100 (9"58) ou 200 m (19"19), alors je le ferai. »
Comment s’est déroulé votre entraînement, jusqu’à maintenant ?
« J’ai beaucoup travaillé avec mon coach, Glen Mills. Ces cinq dernières semaines, l’accent a été mis sur le travail spécifique, pour arriver en forme à mes premières sorties. Mes sensations à l’entraînement sont très bonnes. Je veux maintenant voir ce qu’elles peuvent donner en compétition. »
L’entraînement a été plus dur et intense que par le passé ?
« Non, mais il ne l’a pas non plus été moins, malgré l’absence de rendez-vous majeur. Et je sais qu’il sera beaucoup plus difficile l’an prochain, car je devrai me préparer à défendre mes titres mondiaux sur 100 et 200 m à Daegu, en Corée du Sud. »
On raconte que votre coach vous a obligé à un entraînement très matinal…
« C’est vrai. Je ne suis pas du matin, mais il m’a forcé à venir au stade avant que la piste soit occupée par les scolaires. Je me suis parfois entraîné dès 5 h le matin. Pas facile. Mais tout s’est bien passé. J’ai survécu. »
Avez-vous encore un point faible sur 100 m, un aspect de la course où vous pouvez encore progresser ?
« La mise en action, c'est-à-dire le départ et les premiers appuis. Les dix premiers mètres de la course. Mon coach a identifié les détails encore perfectibles. J’y travaille. Et nous allons poursuivre dans cette voie. »
Vous pourriez donc aller encore plus vite ?
« Sur 100 m, je pense que la limite se situe à 9’’40. En-dessous, je ne crois pas que ce soit réaliste. Mais un chrono de 9’’40 est humainement possible. J’espère être l’homme qui atteindra un jour cette barrière. »
Tyson Gay, votre rival américain, a frappé fort en descendant sous les 45’’ au 400 m (44’’89), à la mi-avril en Floride. Un commentaire ?
« C’est fort, c’est vrai. Sa performance me motive encore plus. Et me donne encore plus envie de le rencontrer. Je le répète, en cette année sans grand championnat, je suis très impatient d’affronter tous mes rivaux en meetings, notamment ceux de la Diamond League. Je suis prêt à les affronter n’importe où et n’importe quand. »
Vous allez courir un 300 m à Ostrava, le 27 mai prochain. Vous verra-t-on aussi bientôt sur 400 m ?
« Non. Ma réponse est toujours la même à cette question : je ne veux pas monter sur 400 m. Je vais me tester sur 300 m à Ostrava car j’aime essayer des choses nouvelles, comme je l’avais fait la saison dernière en disputant un 150 m. Le 300 m reste très proche du 200 m, un sprint prolongé. Le tour de piste, c’est autre chose. Et je n’en veux pas. »
Aucune chance, donc, de vous voir relever le défi lancé par l’Ethiopien Kenenisa Bekele sur 600 m ?
« Non, aucune chance. Il peut y aller, mais il ne m’y verra pas. »

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