Saut en longeur : Mitchell Watt, la dernière trouvaille australienne
© DPPI
La nouvelle sensation du saut en longueur vient de Brisbane, le pays des surfeurs. A 22 ans, l’Australien avait surpris en décrochant la médaille de bronze mondiale l’été dernier à Berlin. Il a récidivé cet hiver aux Mondiaux en salle à Doha. Interview découverte.
Personne n’aurait misé un seul billet sur vos chances de monter sur le podium, l’été dernier, aux Mondiaux de Berlin. Vous-mêmes, vous y pensiez ?
« Honnêtement, non. J’avais sauté 8,43 m fin juillet, peu de temps avant de rejoindre Berlin, mais le vent avait été mesuré à 2 m/sec, soit exactement la limite autorisée. Décrocher la médaille de bronze mondiale a été une grande surprise pour moi. Mais ça n’a pas beaucoup changé ma vie. J’ai seulement pu enfin signer un contrat avec un équipementier. »
Comment expliquez-vous votre progression, depuis l’an passé ?
« C’est très simple, j’ai décidé de devenir un athlète sérieux et concerné. Une semaine avant les sélections pour les Jeux de Pékin, en 2008, j’ai pris la résolution de mettre désormais toutes les chances de mon côté. J’ai arrêté de boire des bières, de manger n’importe quoi, de sortir le soir. En début d’année 2009, mon entraîneur, Gary Bourne, m’a secoué un peu, il m’a répété que je devais profiter de la saison à venir pour sauter vraiment plus loin. Je me suis préparé sérieusement, je n’ai pas été blessé. Les résultats ont suivi. »
Où avez-vous le plus progressé ?
« Partout. En vitesse, en puissance, en technique. J’ai beaucoup insisté sur la technique, avec l’ambition de réaliser un double ciseau, comme mon idole, Jai Taurima (médaillé d’argent aux Jeux de Sydney en 2000, ndlr). Quand j’étais plus jeune, je le regardais sauter à la télévision, en rêvant de l’imiter un jour. Aujourd’hui encore, il reste ma référence. Mon prochain objectif est d’ailleurs de réussir 8,50 m, pour dépasser d’un centimètre son record d’Australie. »
Votre entraîneur assure que vous êtes un sauteur jeune…
« C’est vrai, je ne m’entraîne sérieusement en longueur que depuis deux ans. J’ai commencé l’athlétisme très tôt, dès l’enfance. J’y ai rapidement eu des résultats intéressants au niveau national, en sprint et dans les sauts. Mais un jour, à 14 ans, j’ai décidé d’aller voir ailleurs. J’ai fait un long break avec l’athlétisme, pendant cinq ans, pour me consacrer au rugby et au football australien. »
Vous en êtes revenu dans quel état ?
« Plus fort physiquement, notamment grâce au rugby, un sport qui a beaucoup contribué à améliorer ma condition physique (Mitchell Watt mesure 1,83 m pour 82 kg). »
Aujourd’hui, vous vivez de l’athlétisme ?
« Non. Je suis étudiant à mi-temps à la faculté de droit du Queensland. Un jour, je veux être avocat. »

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