Tyson Gay : « Ma vie avec Usain Bolt »
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Comment vit-on dans l’ombre de l’immense Usain Bolt ? Plutôt bien, dans le cas de Tyson Gay, son second sur 100 m aux Mondiaux de Berlin et dans les tablettes. Mais l’Américain n’a pas renoncé à la première place.
Tyson, honnêtement, n’est-il pas vraiment cruel de vivre une vie de sprinteur à la même époque que Usain Bolt ?
« Non, je ne vois pas les choses ainsi. On me demande parfois si me retrouver à ses côtés dans les grandes compétitions constitue une chance ou une infortune. Pour moi, c’est une chance. Je ne pourrai jamais regretter d’avoir à affronter un sprinteur de son talent. Sa présence me motive, elle me pousse à m’entraîner encore plus. Et elle est très profitable à l’athlétisme. Les gens reviennent dans les stades, les médias aussi. »
Cette saison, vous chercherez à le défier ou à l’éviter ?
« A le rencontrer, bien sûr. Mon programme de compétitions n’est pas encore arrêté. Je sais seulement que je participerai à coup sûr aux meetings Diamond League de Eugene, eux Etats-Unis, et de Bruxelles. Mais je suis prêt à rencontrer Usain, tout comme Asafa Powell, n’importe où et n’importe quand. »
Sanya Richards, la championne du monde du 400 m, a suggéré récemment qu’elle aimerait vous voir, l’un comme l’autre, disputer un 100 et un 200 m dans un même meeting. Vous seriez d’accord ?
« Oui, ce serait OK pour moi. Je ne suis pas sûr qu’un athlète ait déjà tenté un truc pareil, mais l’idée me plait bien. »
Une année sans évènement planétaire majeur comme 2010 peut-elle être propice aux records ?
« Oui. Je suis très impatient de rencontrer Usain Bolt cette année. Et je suis persuadé que quand nous nous retrouverons sur la même piste, avec Asafa Powell dans la course, le record du monde tombera. »
La présence d’Usain Bolt dans votre univers d’athlète vous a-t-elle conduit à modifier votre préparation ?
« Non. Je m’entraîne tous les ans de la même façon. J’ai mes habitudes, j’y tiens. Les gens trouvent souvent étrange que mon programme soit identique d’une année à l’autre, mais j’en ai besoin. »
Usain Bolt a prévu de se tester, à la fin du mois de mai, sur un 300 m au meeting d’Ostrava ? Et vous ?
« Moi, non. En tous cas, pas cette année. Je n’ai jamais disputé un seul 300 m en compétition officielle, mais je m’y essaye parfois à l’entraînement. Mon record personnel y est de 30’’80. »
Quelles relations « sociales » entretenez-vous avec Usain Bolt ?
« Nous nous parlons peu en dehors des compétitions. Nous n’avons pas l’habitude, par exemple, de nous appeler régulièrement au téléphone, ou de nous envoyer des mails. Mais sur le circuit, tout se passe très bien. Usain est très cool. Nous avons l’un pour l’autre un respect mutuel. Et nous essayons, tous les deux, de collaborer pour attirer sur l’athlétisme un maximum d’attention du public et des médias. »
Usain Bolt n’a jamais caché son désir de quitter un jour l’athlétisme dans la peau d’une légende. Et vous, vous aspirez aussi à devenir légendaire ?
« Légendaire, non. J’aspire à gagner des médailles et battre des records. Mais ce ne sera pas à moi de dire si je suis devenu une légende. »

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