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Saut en hauteur : Fosbury, le révolutionnaire de 1968

© DPPI

L’Américain a laissé une empreinte indélébile sur le saut en hauteur. Celle d’avoir inventé une technique de saut qui porte son nom : le Fosbury flop.

Dick Fosbury a marqué l’histoire de l’athlétisme. Star malgré lui aux Jeux Olympiques de 1968, l’athlète américain utilise une technique de saut en hauteur révolutionnaire. En guise d’élan, le longiligne Fosbury décrit un arc de cercle et se présente dos à la barre qu’il franchit dans cette position. Du jamais vu ! Il passe ainsi toutes les barres jusqu’à 2,22 m. Les spectateurs enthousiastes s’amusent et ponctuent chaque saut d’une salve de « olé ». Cette technique lui permet de franchir 2,24 mètres à son troisième essai – nouveau record olympique - et de remporter le titre devant les favoris Caruthers et Gavrilov. Les juges sont un moment décontenancés : ils pensent ne pas valider ses tentatives tant leur surprise est grande… Il faut avouer que le spectacle est insolite et la technique déroutante. Cette gloire soudaine, presque envahissante, décontenance Fosbury. Il préfère s’isoler plutôt que de goûter à sa nouvelle situation. L’athlète ne défend pas son titre à Munich aux Jeux Olympiques de 1972, faute d’être qualifié. Le héros de 1968 arrête la compétition peu de temps après pour se consacrer à son métier d’ingénieur des Ponts et Chaussées.

Star éphémère à la technique éternelle

Au départ, rien ne laisse présager à une telle destinée. Après s’être essayé au basket-ball, Fosbury se tourne vers le saut en hauteur. Presque naturellement étant donné son 1,93 m. Comme tous les adolescents, il utilise la technique du « ciseau » et s’oriente ensuite vers le « ventral », conseillé par ses entraîneurs. La technique du « ventral », utilisé par les meilleurs spécialistes de l’époque, permet une progression plus importante. Le hic est que Fosbury demeure incapable de maîtriser le saut en « ventral ». Résultat, ses performances stagnent. Confronté à de nouveaux défis, le jeune athlète « invente » un saut ventral inversé. Le Fosbury flop est né. Ce style hybride lui ouvre de nouveaux horizons. Rapidement à 1,80 m, il remporte le titre junior en 1965 avec un saut à 2,01 m. En 1967, il franchit 2,08 m en compétition. Devenu la bête curieuse des observateurs et notamment des journalistes, les quolibets du début ont cédé la place à l’étonnement. Le phénomène Fosbury atteint son apogée à Mexico en 1968 et commence à déferler sur les sautoirs du monde entier. Dès lors, sa technique révolutionnaire inspire de nombreux athlètes. En 1972, l’allemande Meyfarth devient la première femme championne olympique en « Fosbury ». Le seul regret de Dick Fosbury sera de ne pas avoir réussi à battre le record de son idole Valéri Brumel (2,25 m). Néanmoins, l’éternité lui appartient : il reste le seul athlète à avoir laissé son nom à une technique athlétique.

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