Objectif Londres

Steve Hooker, heureux à la perche, malheureux au sprint

© : DPPI

Le champion olympique et champion du monde de saut à la perche s’était lancé le défi de participer à la Stawell Gift, une course à handicap organisée depuis plus de cent ans près de Melbourne, sa ville natale. Mais l’expérience a tourné court.

On ne s’improvise pas sprinteur. Steve Hooker l’a appris à ses dépends, pendant le week-end de Pâques, dans sa ville natale de Melbourne. L’homme le plus haut perché du monde avait décidé, au retour des Mondiaux en salle de Doha, où il avait décroché, avec 6,01 m son premier titre en indoor, de s’aligner au départ de la plus ancienne compétition d’athlétisme d’Australie, la légendaire Stawell Gift. Une course vieille de près de 130 ans, disputée sur la distance unique de 120 m, mais avec un handicap calculé selon les records en sprint des engagés. « Un dérivatif dans ma saison », avait expliqué en souriant l’Australien, précisant qu’il rêvait depuis l’enfance de se prêter au jeu de ce défi.

Mais l’expérience a tourné court. Son record sur 100 m, un chrono de 10’’82 réalisé plus tôt dans l’année à Perth, avait valu à Steve Hooker un handicap de 5,50 m dans sa série. Sa tâche s’annonçait rude. Mais l’Australien pouvait se rassurer en entendant le speaker répéter comme un refrain que jamais, dans l’histoire du Stawell Gift, la compétition n’avait eu les honneurs de présenter un champion olympique. A 40 m du but, le perchiste avait encore une belle allure de sprinteur. Il semblait promis à la deuxième place. Mais les derniers mètres lui ont été fatals. Troisième en 13’’34, il a quitté l’épreuve par la porte des battus, éliminé avant les demi-finales.

« J’ai sans doute commis l’erreur de me croire trop tôt en position de me qualifier, a reconnu l’Australien à l’arrivée, sans masquer sa déception. On s’illusionne parfois sur ses qualités de vitesse. Mais, à l’évidence, je ne suis pas un très grand sprinteur. Je vais donc rester sur les sautoirs à la perche, où je suis encore le plus à l’aise. »

L’histoire aurait s’arrêter là, avec un Steve Hooker dans le rôle du second rôle, écarté trop tôt d’une épreuve à la quelle il pensait depuis ses débuts d’athlète. Mais les organisateurs, intrigués par la relative faiblesse de certains chronos, ont eu l’idée de remesurer la piste. Pour découvrir, en fin de journée, qu’elle était trop longue de 3,20 m. A son réveil, dimanche 4 avril, le perchiste s’est donc vu proposer de disputer les demi-finales, le jury ayant estimé qu’il faisait partie d’une poignée de concurrents qui semblaient en position de se qualifier après 120 m de course. Mais il a refusé l’offre. « En me levant, j’ai ressenti une petite douleur à l’aine, a-t-il expliqué. Une alerte qui m’a soudain rappelé le mauvais souvenir de ma blessure dix jours avant les Mondiaux de Berlin, en août dernier. A deux semaines des championnats d’Australie, je ne veux prendre aucun risque. »

Plus tard dans le week-end pascal, Steve Hooker a assisté, depuis la tribune des invités, à la victoire d’un jeune athlète de Canberra, Tom Burbidge. Son chrono, un temps très respectable de 12’’01, en a fait le héros de la 129ème édition de la Stawell Gift.

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