Objectif Londres

Valerie Vili : « Peur, moi ? Jamais »

© : DPPI

A 25 ans, la lanceuse de poids néo-zélandaise a tout gagné, au moins une fois. Elle nous révèle le secret de son formidable palmarès. Et nous raconte ses liens très étroits avec la France et ses athlètes.

A quoi pensez-vous, pendant un concours de lancer du poids, au moment de pénétrer dans le cercle ?

« A la victoire. Et à rien d’autre. Je me refuse à imaginer autre chose. Il m’a fallu un peu de temps pour me forger cet état d’esprit. Mais aujourd’hui, à 25 ans, j’ai gagné tous les titres qu’il est permis de remporter dans ma discipline. Championne du monde chez les juniors en 2002, chez les seniors en 2007 et 2009, championne olympique en 2008. Et même une médaille d’or aux Mondiaux en salle, en 2008 à Valence. Du coup, je me retrouve en toutes circonstances dans la position de défendre mon titre. Ce n’est pas toujours facile. Mais j’ai décidé de surmonter cette pression en me disant que si j’ai déjà gagné une fois, je me dois de le refaire. »

Vous ne ressentez jamais la peur ou le doute ?

« Peur, moi ? Jamais ! Je ne ressens aucune peur, ni avant ni pendant un concours. Je sais ce que j’ai à faire, je m’applique à le faire. La crainte d’échouer ne m’effleure jamais. Je dois exécuter mon geste le mieux possible, donner le meilleur de moi-même, en excluant tout le reste. Le résultat ne vient qu’après, à la fin de la compétition. »

Vous n’avez pas toujours été ainsi ?

« Non. Mais le travail, l’expérience et les épreuves de la vie ont contribué à me forger ce mental. J’avais 15 ans quand ma mère est décédée. Je me souviens avoir suivi avec elle à la télévision, la veille de sa disparition, la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sydney. Ce jour-là, je me suis dit que j’allais tout faire pour y participer un jour. »

Quelle est votre tactique pour « assommer » une finale de lancer du poids ?

« Et bien justement, l’assommer d’entrée, par un très gros jet au premier ou au deuxième essai. Et, ensuite, attendre que mes rivales s’épuisent à me rattraper. Il n’est pas possible de planifier de l’emporter à sa dernière tentative, même s’il m’est souvent arrivé de le faire. »

Vous êtes mariée à un lanceur français, Bertrand Vili. Vous vous entraînez en couple ?

« Habituellement, oui. Quand nous sommes à Auckland, nous nous entraînons ensemble deux fois par jour. C’est pratique et surtout plus agréable. Mais en ce moment, il est parti pour quelques semaines à l’étranger, alors je me retrouve seule avec ma coach, Kirsten Hellier (une ancienne lanceuse de javelot néo-zélandaise, médaillée d’argent aux Jeux du Commonwealth, NDLR). »

Vous vous sentez un peu française ?

« Je me sens surtout océanienne. Je suis née en Nouvelle-Zélande, ma mère était originaire des Iles Tonga. Mais j’entretiens des rapports étroits avec la France et ses athlètes. En début d’année, j’ai accueilli chez moi Jessica Cerival, la championne de France du poids, et son entraîneur Sandra Lamrani. Elles sont venues en stage. J’aime partager mon entraînement, même avec des adversaires. Il m’est toujours agréable d’ouvrir mes livres et d’en montrer le contenu. »

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