Elodie Guégan : « J’ai dû réapprendre à marcher»
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Pour se débarrasser des blessures à répétition qui empoisonnent sa carrière depuis trois ans, la numéro un française du 800 m s'est faite opérer début février des deux tendons d’Achille. Une parenthèse qu’elle a décidé d’affronter avec le sourire.
Le printemps est traditionnellement une période où les athlètes patientent avec envie dans l’attente des premières compétitions. Et vous ?
« Mon impatience concerne plutôt le moment où je vais pouvoir enfin courir un petit peu. Après mon opération des deux tendons, le 2 février dernier à Neuilly, j’ai passé plus d’un mois dans un centre de rééducation à Capbreton, dans les Landes, à travailler avec acharnement pour réapprendre tout bêtement à marcher. Je suis arrivée là-bas en fauteuil roulant. Et j’ai vraiment dû m’accrocher pour réussir à refaire mes premiers pas. »
Aujourd’hui, vous marchez ?
« Oui, mais je ne peux pas encore courir. Et je suis très prudente, je ne veux surtout pas brûler les étapes et risquer une rechute. La douleur a disparu, sauf un peu au toucher. Je marche normalement, sans la moindre gêne. Mais je vais retourner à Capbreton à la fin du mois d’avril pour reprendre la course dans un cadre médicalisé, où je serai surveillée et encadrée par un médecin et un kiné. A l’INSEP, j’aurais été tentée de reprendre trop vite. Le médecin fédéral estime que je suis en avance de trois semaines sur mon programme de guérison, mais je me méfie. Disons que je suis dans les temps ! »
Comment occupez-vous votre quotidien ?
« Je me consacre à fond à mes cours à Sportcom, la formation en journalisme et communication que je suis depuis maintenant trois ans à l’INSEP. Je vais pouvoir terminer mon stage cette année, ce qui aurait été impossible avec une saison normale. Je vais tenir une chronique dans le magazine de l’INSEP et collaborer au site Internet. Et je poursuis ma rééducation là-bas, matin et soir. Des massages, du travail en piscine et sur le vélo, des exercices de mobilisation de mes chevilles, des abdominaux, du gainage… Bref, je ne m’ennuie pas. »
La vie sans l’athlétisme ne s’avère donc pas trop difficile ?
« Non, j’ai bon moral. Je me sens moins fatiguée le soir. Je commence même à avoir du mal à trouver le sommeil ! Je déborde d’énergie, mais je suis obligée de la contenir. Alors, j’en profite pour voir la vie différemment. Je sors de la bulle dans laquelle nous évoluons souvent, nous les athlètes de haut niveau. J’ai même un peu l’impression de relever la tête pour découvrir tout ce qui m’entoure. Je revois des amis que j’avais un peu perdu de vue. Je m’ouvre aux autres. Je crois n’avoir jamais parlé à autant de gens à l’INSEP que depuis ces dernières semaines ! »
Vos ressentez quand même un manque ?
« Oui, le stress et l’adrénaline, ces sensations très fortes que l’on peut ressentir avant un gros entraînement ou une compétition, me manquent vraiment. »
Vous suivez l’actualité de l’athlétisme ?
« Oui. Cela dit, je me verrais mal accompagner l’équipe de France aux championnats d’Europe à Barcelone, l’été prochain. Mais je vais suivre les courses depuis mon canapé. Je veux profiter de ce coup d’arrêt dans ma carrière pour regarder attentivement mes adversaires, analyser avec recul leur tactique et leur façon de courir. Je dois rendre cette période utile, me poser, réfléchir et penser sur le long terme. »

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