Ryan Brathwaite : « Mon titre mondial m’a carrément assommé »
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L’été dernier, personne ne connaissait Ryan Brathwaite. Mais l’étudiant du Kansas a créé l’évènement en devenant champion du monde du 110 m haies. Le premier titre planétaire de son pays, la Barbade… mais peut-être pas le dernier.
Champion du monde du 110 m haies, à seulement 21 ans. C’est ce qu’on appelle un joli début !
« Oui, je n’y croyais pas du tout. Un peu plus tôt dans la saison, au meeting de Londres, j’avais fait toute la course avec Dayron Robles, le recordman du monde. Il m’avait battu de deux centièmes (13’’29 contre 13’’31, NDLR). Mon coach m’avait alors prédit que je remporterais l’or ou l’argent aux championnats du monde à Berlin. J’étais prêt pour la bagarre. Mais la victoire m’a quand même surpris, voire choqué. Et même, disons le, carrément assommé ! »
A la Barbade, vous êtes désormais un héros national ?
« A mon retour, la fête a été belle. Je suis le premier champion du monde de la Barbade, c’était donc un évènement national. Et désormais, quand je vais à l’étranger, je suis investi d’un rôle d’ambassadeur de mon pays. C’est une lourde responsabilité. Et une pression dont je me serais volontiers passé. »
Comment devient-on coureur de 110 m haies, quand on a grandi à Bridgetown, la capitale de la Barbade ?
« Un peu par hasard. J’ai longtemps été un écolier normal : je jouais au foot, au cricket, au hockey sur gazon. Comme mes copains de collège puis de lycée. A 17 ans, un entraîneur m’a repéré. Il me trouvait rapide. Il m’a conseillé d’essayer l’athlétisme. Très vite, on m’a orienté vers les haies car j’étais courageux et je n’avais pas peur de l’obstacle, du risque et de la chute. »
La vie doit être douce et paisible, pour une star du sport à la Barbade ?
« Oui, mais je n’y vis pas. Après le lycée, j’ai été recruté par une université américaine. Depuis, j’habite au Kansas, dans un bled paumé, une petite ville où il n’y a rien d’autre à faire que du sport. Du coup, je m’entraîne à fond, sans me laisser distraire. Deux fois par jour, du lundi au vendredi. J’insiste sur la force et la vitesse. Et je bosse le départ et la mise en action, mes deux points faibles. »
Que pensez-vous de Liu Xiang et Dayron Robles, les deux géants du 110 m haies ?
« Ce sont mes idoles, les deux modèles que j’ai toujours rêvé d’imiter. Surtout Dayron Robles. J’aime courir dans la même course que lui. Sa présence sur la piste me motive. »
Et Ladji Doucouré ?
« Ladji est mon pote. C’est un gars très cool, très ouvert, au contact facile et chaleureux. On discute parfois sur Internet. On parle technique et entraînement. »
Qu’attendez-vous de l’année 2010 ?
« Gagner en régularité. Stabiliser ma technique. Et aller encore plus vite. L’an passé, j’ai battu deux fois le record de la Barbade, pour l’amener à 13’’14. Cette année, je veux le record du monde. »

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