Christophe Lemaitre : « Usain Bolt, je ne le vois plus du tout ! »
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Le Savoyard s’attaque vendredi à la plus longue des deux distances du sprint, où il retrouvera la star jamaïquaine. Une distance pour laquelle il éprouve à la fois excitation et peur. Explications depuis Daegu.
Athlenergy : Christophe, comment abordez-vous le 200 m, dont les séries et les demi-finales sont programmées vendredi ?
Christophe Lemaitre : Avec une grande confiance. Avoir couru le 100 m’a permis de bien rentrer dans les championnats du monde. J’ai pris mes repères. Je ne serai pas froid, comme les coureurs seulement engagés sur cette distance.
A combien estimez-vous vos chances de médailles ?
Elles seront plus fortes que sur 100 m. Le 200 m a toujours été ma distance de prédilection, depuis mes débuts en athlétisme. Sur 100 m, j’avais aussi une chance, je ne l’ai pas saisie, c’est la règle des grands championnats. Mais mon potentiel est encore plus élevé au 200 m. Je suis persuadé de pouvoir courir en moins de 20 secondes. Et quand je vois les bilans mondiaux et les chronos réalisés à Daegu, j’ai encore plus confiance.
Comment allez-vous gérer les trois tours de compétition ?
Je dois aller très vite dès vendredi soir en demi-finale. Je serai à fond. Réaliser un bon chrono sera déterminant, à la fois pour poser de bonnes bases et surtout pour hériter en finale d’un bon couloir, pas comme sur 100 m où j’étais à la ligne 8, tout à l’extérieur.
Quel serait le couloir idéal ?
Entre le 5 et le 7. Au 8ème, je serais en aveugle, sans repères, il me serait difficile de m’employer à fond. A la corde, entre le 1 et le 3, l’étroitesse du couloir me poserait des problèmes à cause de mes grandes foulées.
Comment préparez-vous, concrètement, ce 200 m ?
Je me suis entraîné spécifiquement sur 200 m pour la première fois mardi après-midi. Avec Renaud Longuèvre, qui m’entraîne à Daegu en l’absence de Pierre Carraz, nous avons effectué une séance de virages filmée en vidéo. Deux courses sur les premiers 30, puis deux autres sur les 30 m du milieu, et enfin deux passages à fond sur la portion entre 120 et 70 m. L’objectif était de travailler mon placement dans la courbe, notamment ma position des bras, afin d’éviter d’être trop déporté vers l’extérieur.
Dans quel « état » pensez-vous retrouver Usain Bolt sur 200 m, après son faux-départ en finale du 100 m ?
Je ne sais pas. Je ne le voyais déjà pas beaucoup avant le 100 m, mais là je ne le vois plus du tout ! J’imagine qu’il sera revanchard. Reste à savoir s’il fera toujours le show, ou s’il restera plus concentré. Il est le grand favori, sa marge est importante.
Quels seront vos principaux adversaires pour une place sur le podium ?
Tous ! Mais ils seront peut-être un peu moins nombreux que sur 100 m. Usain Bolt, bien sûr. Et Nickel Ashmeade, l’autre Jamaïquain. Mais celui-là, je l’avais battu d’un centième aux championnats du monde juniors en 2008.
Que vous inspire le 200 m ?
Un mélange de peur et d’excitation. J’attends cette épreuve avec impatience, car je connais mes chances, j’y ai souvent bien réussi. En même temps, le 200 m me fait flipper. La première fois que j’en ai couru un, j’ai cru que je n’allais pas m’en remettre. J’étais lactique, j’avais mal partout. Cette impression m’est restée. Depuis, j’en appréhende la souffrance.
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