Objectif Londres

Mondiaux de Daegu : Les papys font de résistance

Mondiaux de Daegu : Les papys font de résistance

© DPPI

A Daegu, les trentenaires font encore des merveilles. Après Kim Collins, devenu le plus vieux médaillé en sprint de l’histoire, Carmelita Jeter et Koji Murofushi ont démontré que l’âge n’était plus un obstacle.

Sacré contraste. En finale du 100 m masculin, dimanche soir, 16 années séparaient le plus jeune de la course, Jimmy Vicaut, du doyen, Kim Collins. Le Français, encore junior, a pris la sixième place. Son aîné, 35 ans depuis avril dernier, est monté sur la troisième marche du podium. Chronométré en 10’’09, face à vent de -1,4 m/sec, il a potentiellement été plus vite que lors de son titre mondial, décroché en 2003 à Paris (10’’07 par vent nul).

Les années n’auraient plus d’importance ? Kim Collins le croit. « J’ai toujours du plaisir sur la piste, j’aime m’entraîner, et je vais toujours aussi vite », suggère l’athlète de Saint-Kitts et Nevis, une île des Caraïbes. Puis il ajoute, hilare : « Mon principal défi, au quotidien, est d’arriver à fuir le soleil qui m’écrase quand je cours trop tard dans la journée. Alors je m’entraîne à 5 heures du matin. » Kim Collins admet avoir modifié sa préparation, avec les années, pour privilégier la récupération. « Et j’ai appris à mieux me nourrir. »

Carmelita Jeter a, elle aussi, dépassé la trentaine. Mais la Californienne, 32 ans en novembre prochain, a laissé ses années dans la chambre d’appel avant la finale du 100 m. A l’arrivée, un chrono de 10’’90, contre le vent, pour un premier titre mondial. Cette consécration, l’Américaine veut la dédier à John Smith, son coach et ancien entraîneur de Maurice Greene et Marie-José Pérec. Mais elle la doit aussi à une discipline de vie peu commune. « Elle se couche tous les soirs à 20 h, se lève à 6 h et ne sors jamais, explique son agent. Elle ne commet aucun écart. L’athlétisme est son job. Elle le fait avec une rigueur extrême. » Comme Kim Collins, Carmelita Jeter avoue avoir modifié son alimentation.

Au jeu de la longévité, Koji Murofushi devance tout le monde. Le lanceur japonais est devenu, lundi soir, le plus vieux champion du monde du marteau de l’histoire, à 36 ans et 325 jours. Mieux : il a complété une collection de médailles mondiales débutée par une breloque en argent… dix ans plus tôt presque jour pour jour. Son secret ? « La passion », abrège-t-il. Une passion qui a conduit ce fils de lanceurs (son père a été recordman d’Asie du marteau, sa mère lançait le javelot pour la Roumanie) à passer avec succès un doctorat en « biomécanique de l’accélération au lancer du marteau ». Perfectionniste, le Japonais accorde lui aussi une attention d’orfèvre à soigner tous les détails de sa préparation. Il se fait masser après chaque entraînement, s’échappe vers la Californie pour s’y entraîner lorsque l’hiver s’installe au Japon, et respecte à la lettre le programme annuel mis au point avec son coach, le Suédois Tore Gustafsson.

Koji Murofushi rêve maintenant d’un titre olympique l’an prochain à Londres. Il y retrouvera Kim Collins et Carmelita Jeter. Les années ne comptent plus.