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Yoann Kowal, le coureur humanitaire

Yoann Kowal, le coureur humanitaire

© DPPI

Le spécialiste français du 1500 m est tombé amoureux du Kenya. Il y séjourne pour s’entraîner. Et parraine une association d’aide à l’enfance. Depuis Daegu, il nous raconte son parcours.

Sur la ligne de départ des séries du 1500 m, mardi 30 août à Daegu, Yoann Kowal n’aura pas seulement un geste anodin d’encouragement pour ses rivaux kenyans. Il leur parlera. Avec un grand sourire. « Ce sont mes amis », résume le coureur de Périgueux. Des « amis » avec qui ce singulier athlète, 5ème l’an passé aux championnats d’Europe à Barcelone, aime partager l’entraînement plusieurs semaines par an.

« Je me rends au Kenya au moins deux fois par an, pour des stages de 4 ou 6 semaines, explique-t-il. Je m’installe à Iten, dans la Rift Valley, en haute altitude. Et je partage l’entraînement des coureurs présents, au hasard de mes rencontres, des gars de tous les niveaux et de toutes les disciplines, du 800 m au marathon. » Son premier séjour, l’an passé, Yoann Kowal l’a abordé à la façon d’un routard, sac sur le dos et guide touristique dans une poche. « A l’aventure », dit-il. Bouabdellah Tahri, son partenaire du 3000 m steeple, lui avait donné l’adresse d’un hôtel. « Le premier matin, j’ai parlé avec le gardien. Il m’a raconté être lui-même un coureur de marathon à 2 h 18’. On a fait nos premiers footings ensemble. Je n’étais pas habitué à l’altitude. Il m’a rapidement lâché. »

Depuis, le Français a pris ses habitudes dans ce gros village dédié depuis toujours à la course à pied. Il aime se fondre dans l’ambiance d’un groupe d’entraînement, partager les séances de David Rudisha, le recordman du monde du 800 m. « Ils m’acceptent comme l’un des leurs », avoue-t-il. Son amie, une spécialiste du 400 m de niveau régional, l’a accompagné pour l’un de ses récents voyages. « Un matin, alors qu’elle faisait un travail de côtes, elle a été rejoint par des enfants de 5 ou 6 ans. Pieds nus, ils ont couru avec elle jusqu’au sommet. »

Avec le Kenya, Yoann Kowal entretient une relation qui dépasse le seul cadre de l’athlétisme. Il est le parrain d’une association humanitaire, Fungana, dédiée à l’enfance en difficulté. Avec elle, il a visité des écoles, coordonné des opérations de scolarisation, aidé à récolter des fonds. « Lors de mon dernier, j’ai transporté avec moi 46 kilos de matériel scolaire et médical », explique-t-il.

Cet amoureux de la course à pied et de son entraînement, capable d’encaisser trois séances par jour, aborde le 1500 m des championnats du monde sans se fixer de limites. « Tout peut arriver, je suis prêt à tout donner », avance-t-il. Une philosophie de la compétition apprise au contact de ses amis kenyans. « Là-bas, ils n’ont pas peur de voir grand. Ils annoncent des temps et des objectifs élevés. » Et beaucoup y parviennent.