Mehdi Baala : le vrai poids d’une médaille
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L’athlétisme français compte un nouveau médaillé olympique. Mehdi Baala a récupéré la médaille de bronze du 1500 m des JO de Pékin. Une récompense tardive, consécutive à la disqualification pour dopage de Bahreïni Rashid Ramzi. Frustrant ? Pas sûr.
Une médaille olympique a-t-elle le même goût sans l’émotion du podium ?
« Elle a une saveur énorme. Avant de la recevoir, j’ai revu la course sur écran géant. Et j’en suis tout à la fois ému et épuisé. Comme si je venais de courir ! Je me bats depuis plus d’un an pour l’avoir, je vais la laisser autour du cou un petit moment. Mon père m'a toujours dit : porte haut ton nom. Aujourd'hui, je crois avoir réussi ».
Une médaille olympique a-t-elle aussi l’odeur de l’effort et des sacrifices ?
« Oui. Le grand public ne le sait pas forcément, mais je suis loin de chez moi pendant huit mois de l’année. Je pense tous les jours à ma fille que je ne vois pas beaucoup. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas plus tard ».
Une médaille olympique, ça fait naître quelles sortes de pensées ?
« Je pense surtout à ma famille et à mes proches. Et je pense à l’histoire, car j’en ai ouvert une nouvelle page. Cette médaille, je l’ai reçue plus d’un an après la course, mais c’est peut-être mieux ainsi. L’attente a conservé intacts mon appétit et ma motivation. L’objectif d’une médaille à chaque championnat est désormais atteint. Je suis médaillé olympique, la ligne est écrite dans mon palmarès ».
Elle donne envie d’en décrocher une autre ?
« Oui. Mon objectif est de continuer jusqu’en 2012. Je ferai tout pour être présent à Londres. Et je me battrai de toutes mes forces pour y être encore médaillé ».
Médaillé olympique avec plus d’une année de retard, cela procure une immense frustration ?
« Non, je ne pense pas. La plus grande frustration restera de ne pas avoir été médaillé à Sydney (4ème), à Athènes (abandon en série), et d'avoir eu tout ce stress à Pékin. Le passé est le passé. Mais cette médaille, on ne me l'enlèvera pas ».
Médaillé européen, mondial et olympique, vous avez rejoint Marie-José Pérec et Jean Galfione. Vous en êtes très fier ?
« Bien sûr. Et j’espère avoir rendu mes parents fiers, c'est pour moi le plus important. Je suis entré dans le panthéon de l’athlétisme français. J’ai toujours voulu marquer la discipline de mon empreinte. Sachant de là où je viens et d’où je suis issu, c’était important pour moi, comme pour toutes les personnes qui se reconnaissent en moi ».

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