Son cœur bat pour l’athlé
© DPPI
Bénévole ou simple supportrice, Mathilde Meurisse ne rate aucun grand rendez-vous de l’athlétisme. Une passion symbolique du public de ce sport, réputé fidèle et respectueux.
La confession tombe comme une évidence. « Quand il y a de l’athlétisme à la télé, je suis toujours devant le poste. Je regarde tous les meetings que je peux trouver sur Internet. Oui, je crois que je suis accro… » Que les inquiets se rassurent. La dépendance de Mathilde Meurisse ne concerne que l’athlétisme. A 25 ans, Mathilde fait partie des fans les plus mordus que vous pourrez croiser autour d’une piste. Meetings, grands championnats, la jeune femme vit sa passion aux quatre coins de l’Europe. Comme bénévole ou simple supportrice. Un virus inoculé il y a près de dix ans. « Mes sœurs pratiquent ce sport depuis des années. On vient du Nord-Pas de Calais et elles m’ont poussée à être bénévole lors des championnats du monde handisport d’athlé 2002 au Stadium Lille métropole-Villeneuve d’Ascq. Cela m’a énormément plu et tout est parti de là. »
Depuis, Mathilde fait son possible pour assister aux plus grands événements de la planète athlé. Traductrice indépendante et professeur d’anglais, elle jongle entre ses obligations professionnelles pour assurer le suivi de son sport préféré. « Je gère seule mon emploi du temps. Ça facilite les choses. » Bénévole lors des championnats du monde 2003 à Paris, elle a réitéré la chose aux « Mondiaux » 2009 de Berlin, aux championnats d’Europe de Barcelone en 2010 et aux championnats d’Europe en salle de Bercy en 2011. « A Berlin, j’étais attachée d’équipe pour un pays africain francophone. A Bercy, j’étais attachée d’équipe pour la Suède car je connais bien ce pays et je parle leur langue. J’ai fait une demande pour être bénévole au même poste auprès de la Suède lors des championnats du monde de Daegu l’été prochain. Et je suis responsable de l’hébergement pour les meetings de Liévin et Lille dans ma région. » Le reste du temps, Mathilde fait son possible pour s’offrir quelques plaisirs. « L’an dernier, j’ai été à Annecy pour assister au DecaNation en tant que supportrice. Je me suis aussi déjà rendue au meeting d’Oslo ou à celui de Bruxelles. Mais je ne peux pas non plus faire ça tout le temps car tout ça est à mes frais. »
Mais au fait, pourquoi l’athlé ? « J’adore les langues étrangères et c’est l’un des seuls sports où tous les pays sont représentés. Mais c’est surtout très vivant. Quand on est sur un stade, on ne s’embête jamais, il y a toujours quelque chose qui se passe. » Au fil de ses pérégrinations athlétiques, la jeune femme a accumulé foule de souvenirs. « La finale du 100 m à Berlin, avec le record du monde d’Usain Bolt, était fabuleuse au niveau de l’ambiance. Être bénévole m’a aussi permis de rencontrer des gens que je n’aurais jamais cru pouvoir approcher. Fan du Tchèque Roman Sebrle (champion olympique 2004 du décathlon, ndlr), de l’Américain Allen Johnson et de la Suédoise Carolina Klüft, celle qui a monté un site Internet en hommage à sa passion (www.athletesmondiaux.com) n’en oublie pas pour autant les athlètes tricolores. « J’adore Romain Barras, il est super gentil et fait l’unanimité dans le milieu pour cela. Il m’avait même fait des commentaires sur mon blog. J’aime bien Kafétien Gomis aussi. Ce sont deux gars bien. » Avec un petit faible, tout de même, pour le champion d’Europe du décathlon. Rapport à une anecdote datant de ce titre. « A Barcelone, quand Romain Barras a fait son tour d’honneur, c’était avec mon drapeau. Il me l’a demandé après m’avoir reconnu dans la foule. Il m’avait promis de me le rendre et il a tenu parole. Il me l’a même dédicacé. »

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