De l'heure d'hiver à celle d'été
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Saison hivernale puis estivale : l'athlétisme est un sport périodique. Alors comment s'occupent les athlètes au printemps ? Un moment ''creux'' sur le plan des compétitions mais néanmoins essentiel.
Les beaux souvenirs de Bercy s'estompent à peine. Mais ses héros ont déjà tourné la page. Le chapitre hivernal tout juste refermé, les athlètes français se tournent vite vers la saison estivale. Avec, avant, un passage obligé par la case repos. Renaud Lavillenie, brillant champion d'Europe en salle du saut à la perche début mars, explique l'importance de cette coupure impérative : « J'ai pris 3 semaines de repos complet. Je n'ai pas du tout pratiqué de sport, je ne suis même pas allé au stade. J'avais besoin de couper longtemps car j'ai beaucoup voyagé cet hiver, il fallait permettre à mon corps de bien récupérer afin d'éviter une blessure à la reprise. J'en ai profité pour faire ce que je ne peux pas faire habituellement à cause des contraintes du sport de haut niveau. Il s'agit d'un vrai moment de détente. »
Auquel est attaché un autre Renaud, Longuèvre, entraîneur national : « C'est un moment important pendant lequel l'athlète débranche son cerveau du monde du sport. C'est un repos psychologique avant tout. Je dis à mes athlètes: '' Ne pensez pas athlé, essayez de vivre la vraie vie, sortez! '' Même si je sais que ce sont des espaces très rares et qu'ils savent en profiter. C'est également un moment de repos pour l'entraîneur. Je n'ai pas mis les pieds à l'INSEP pendant une semaine. Il faut aussi s'adapter à l'athlète, avoir une réponse individualisée à ses besoins. Certains veulent beaucoup de repos, d'autres ne supportent pas l'arrêt. Kafétien Gomis a pris deux semaines complètes en famille pour bien récupérer d'une blessure survenue en février. Ladji Doucouré, lui, s'est arrêté une semaine. Il a réellement repris en février donc il n'y avait pas de temps à perdre. L'an dernier au Qatar, un docteur spécialisé dans le domaine annonçait que le repos devient contreproductif entre 3 et 50 jours d'inactivité, autant dire que tout dépend uniquement de chaque individu. »
Progressive, la reprise de l'entraînement s'oriente vers un travail foncier certes moins important que celui de l'automne mais toujours assez soutenu pour ne pas être du goût des principaux concernés. Antoinette Nana Djimou Ida, championne d'Europe de pentathlon à Bercy, en a déjà fait les frais : « C'est le début mais c'est déjà dur ! Après dix jours d'arrêt, j'ai repris fort, au même niveau que le reste du groupe avec une séance de courses dans les marches des tribunes. »
Pour tous, cet intervalle entre les deux saisons sert aussi de rétrospective sur les événements récents et ceux à venir. Kafétien Gomis, le vice-champion d'Europe en salle du saut en longueur, témoigne : « Ça permet de tourner la page, de digérer et de faire un bilan de l'hiver pour repartir et se projeter sur l'été. On met en place la programmation des compétitions estivales et de l'entraînement. » Et la sprinteuse Véronique Mang de compléter : « En plus de la récupération nerveuse et physique, cette période me permet aussi de faire le point sur mon hiver, de lâcher prise et d'envisager la saison estivale. Actuellement, je suis en stage de relais en Italie, je valse entre les séances de relais et mes séances individuelles. Pour moi, la saison est déjà lancée ! » En athlé, l'été se joue déjà à la fin de l'hiver.

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