Objectif Londres

Championnats du monde de cross-country : L’éternel match à deux ?

Les athlètes kenyans et éthiopiens dominent le cross sur la scène mondiale.

© DPPI

Après avoir réalisé un historique carton plein l’an passé, les athlètes kenyans espèrent rééditer leur exploit sur le circuit de Punta Umbria, en Espagne. Ils devront, comme toujours, se méfier de leurs frères ennemis éthiopiens. Mais pas seulement.

De mémoire de crossman, on n’avait jamais vu ça. Une performance historique, à ranger dans le grand livre d’histoire de l’athlétisme. L’an passé, à Bydgoszcz, en Pologne, l’équipe du Kenya réalisait un carton plein inédit aux championnats du monde de cross-country en raflant toutes les médailles d’or au programme. Quatre titres individuels et quatre par équipes comme autant de preuves d’une domination sans partage sur les pentes boueuses des cross internationaux. Une mainmise partagée depuis plus d’un quart de siècle avec le voisin éthiopien. C’est bien simple. Chez les hommes, depuis le doublé du Portugais Carlos Lopes en 1984 et 1985, seuls trois athlètes – le Marocain Khalid Skah en 1990 et 91, le Marocain naturalisé belge Mohammed Mourhit en 2000 et 2001, l’Erythréen Zersenay Tadese en 2007 – ont privé Kényans et Ethiopiens du titre.

Moins prégnant chez les femmes, même si elles ne sont pas en reste (12 titres sur les 17 derniers), ce règne a tout pour se poursuivre cette année sur le circuit de Punta Umbria, en Espagne. Au point de voir les Kényans rééditer leur carton plein de 2010 ? Possible. Surtout avec un tel réservoir de talents. Imaginez donc : Joseph Ebuya et Emily Chebet, champions du monde en titre, ne sont même pas qualifiés, incapables de gagner leur place en sélection lors des trials (la même mésaventure est arrivée aux deux tenants du titres chez les juniors) ! Impensable ailleurs, sauf en Ethiopie, leur absence ne semble même pas affaiblir l’escouade kényane. Quand l’ancien chat des hauts plateaux n’est pas là, les autres souris dansent.

Alors, qui en or ce dimanche 20 mars ? Chez les hommes, la liste – non exhaustive – des favoris comprend le Kenyan Geoffrey Mutai et l’Ethiopien Hunegnaw Mesfin, vainqueurs respectifs de leur épreuve de sélection nationale, et leurs coéquipiers. Tout ce joli monde devra toutefois se méfier de l’Ougandais Moses Kipsirio (2e en 2009, 3e en 2010) et de l’Erythréen Teklemariam Medhin (2e en 2010), meilleures chances de victoire pour un pays autre que la doublette habituelle. Pour tenter de s’immiscer dans le top 10, l’Europe pourra compter sur l’Espagnol Ayad Lamdassem, à domicile, et le Portugais Yousef El Kalai. Sans oublier le jeune athlète français Hassan Chahdi, deuxième aux « France » fin février, qui tentera de faire de son mieux au milieu des armadas africaines.

Côté femmes, dans une course plus ouverte que celle des hommes, la Kenyane Linet Masai et l’Ethiopienne Meselech Melkamu, victorieuses lors des terribles trials de leur pays, s’avancent comme les grandes favorites. Mais leurs compatriotes ne l’entendent pas de cette oreille. Tout comme Maryam Jamal (Bahrein), Shalane Flanagan (Etats-Unis) ou encore les Espagnoles Alessandra Aguilar et Nuria Fernandez, toutes motivées pour briser la double hégémonie. On leur souhaite bon courage. Elles en auront bien besoin.

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