Renaud Lavillenie : « Je sais où je me situe »
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Meilleur performeur mondial de l’année (5,93 m), champion de France à Aubière fin février, Renaud Lavillenie se présente comme le favori du concours de la perche des championnats d’Europe en salle, ce week-end à Bercy. Un statut assumé par le Français.
Comment appréhendez-vous cette compétition internationale « à la maison » à Bercy ?
Être devant les siens est toujours un plaisir. Cela donne envie de réaliser une grande performance pour remercier le public de son soutien. C’est un plus. Mais ma motivation est ailleurs. J’ai gagné ces « Europe » en salle il y a deux ans et j’ai un titre à aller reconquérir. C’est ce qui me motive le plus.
Vous êtes le grand favori du concours. Êtes-vous intouchable pour la médaille d’or ?
Absolument pas. Je suis en tête des bilans mais la densité des performances des meilleurs européens est impressionnante. Il y a du monde derrière, beaucoup de perchistes capables de sortir de gros sauts, notamment en Allemagne, donc ce n’est surtout pas gagné d’avance. Mais je suis confiant. Je sais où tout le monde en est et où je me situe. Je suis régulier à plus de 5,80 m et c’est l’essentiel.
Plusieurs Français sont capables de monter sur le podium à Bercy. Cette émulation nationale vous aide-t-elle à ne jamais relâcher la pression ?
Ça aide, bien sûr. A aucun moment, on ne peut se reposer sur ses lauriers en se disant que les sélections des dix années à venir sont acquises.
Vous considérez-vous comme le numéro un mondial de la perche ?
En 2010, j’ai été nommé numéro 1 au World Ranking. Mais ça ne veut rien dire. L’essentiel, c’est l’année qui s’écoule, les médailles et les championnats. On fera le bilan après les championnats du monde et les Jeux.
Y a-t-il un risque de vous voir vous reposer sur vos lauriers après une saison 2010 exceptionnelle ?
Non. La concurrence internationale est trop dense pour cela. L’an dernier à Lausanne, par exemple, je gagne en 5,85 m mais le deuxième et le troisième sont à 5,80 m. La concurrence n’est qu’à cinq centimètres derrière donc à aucun moment je ne me suis senti tout seul loin devant les autres.
Jérôme Clavier vous voit franchir 6,05 m cette saison. D’accord avec lui ?
Ça me paraît atteignable, oui. Le jour où je réussirai à mettre tout en place, ça peut monter à ces hauteurs-là. Je prends mon mal en patience, j’attends et je verrai bien quand ça arrivera.
Les 6 mètres vous manquent ?
Oui, ça commence un peu. Surtout que je les ai ratés de rien du tout l’année dernière. Mais je ne me mets pas la pression, je suis encore jeune, j’ai du temps devant moi. Je ne me suis pas dit : « Il faut que je fasse 6 mètres en 2011, 6,06 m en 2012 et ainsi de suite. » Mes seules obligations, c’est d’être présent sur les championnats et de tout donner pour tenter de ramener des médailles. Aller chercher 6,10 m ou 6,15 m en meeting mais ne sortir que 5,80 m en championnat et finir troisième, ça ne sert à rien. Chaque chose en son temps. Les records arriveront quand ils devront arriver.

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