Frédérique Bangué, les galères d’un retour
© Arno Waser
Sept ans après sa retraite, l'ancienne championne de sprint, âgée de 34 ans, reconvertie dans les médias a décidé de rechausser les pointes. Un impossible pari…
Pourquoi avez-vous repris l'athlétisme 7 ans après votre retraite ?
En fait j'ai pris ma retraite une première fois en 2001 puis je suis revenue afin de tenter la qualification pour les Jeux Olympiques de 2004 mais j’ai échoué. Aujourd'hui, j'ai une fille d'un an et depuis mon accouchement j'ai beaucoup de mal à retrouver du travail. De manière générale, quand tu es dans une impasse, tu retournes à ce que tu connais. Pour moi c'est le sport, alors je me suis lancée. Parallèlement, je travaille à la réalisation d’un documentaire qui s’appellera« Champion, oui ! Et après ? ». Parce que des sportifs comme moi, qui ont fait une assez belle carrière, des études et qui se retrouvent en difficulté, il y en a beaucoup. Et je crois qu’il y a un message à faire passer à ce sujet.
Quels sont vos objectifs sportifs ?
Au début, mon idée était de réussir à me qualifier pour les championnats d'Europe indoor en 100 jours mais je n'avais pas conscience que mon corps ait autant changé…Finalement ce sera déjà compliqué de me qualifier pour les championnats de France qui auront lieu en février. Malgré ce changement d'objectif, je m'investis avec autant d'engagement pour me qualifier que si c'était pour les ''Europe''. Cependant, mon but ultime est de retrouver du travail, de me relancer professionnellement et non sportivement. Même si j'avais le niveau pour, ce qui est loin d'être le cas, je veux construire la vie d'après. J'arrêterai donc l’athlé dès la fin de la saison hivernale.
Quel souvenir gardez-vous de votre médaille de bronze sur 60 m lors des championnats du Monde de Bercy en 1997 ?
J’en ai pleuré…C'était à Paris, devant mon public... J'ai tout donné comme partout ailleurs mais j'étais d'autant plus fière. D'autant plus que cela faisait peu de temps que je m'entrainais à l’INSEP . J'étais à Annecy avant et le changement a payé direct !
Vous avez remporté d'autres médailles, est-ce différent d'en obtenir une à domicile ?
Oui, évidemment. On est porté par le public, les répercussions sont plus grandes, notamment au niveau des médias. Quand tu vas courir à l'étranger, tu es souvent seule face à toi même. Par exemple, à moindre niveau, je suis allé récemment courir un 50 mètres dans mon club, Annecy Haute Savoie Athlétisme. Même s'il n'y avait pas d'enjeu, le fait d’être dans mon fief, avec des gens contents de venir me voir, qui scandaient mon nom, était très émouvant.
Propos recueillis par Samuel Coco-Viloin

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