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Bercy 2011 : Allez les Bleus !

Bercy 2011 : Allez les Bleus !

© DPPI

Disputer un championnat d’Europe en salle à domicile, dans l’écrin de Bercy, est une occasion rare dans la vie d’un athlète français. Avec ses nombreux avantages, mais aussi ses inconvénients.

 

Ils en ont déjà tous rêvé. La ferveur populaire. La passion des tribunes couleur bleu-blanc-rouge. La chair de poule à la vue de sa famille et de ses amis. Dans un mois, les athlètes français vont passer du rêve à la réalité à l’occasion des championnats d’Europe en salle (du 4 au 6 mars). Dans la chaleur d’un Bercy qui va faire le plein, à domicile, ils vont défier le gratin du Vieux Continent en quête des médailles du plus beau métal. Une situation rare et motivante à souhait. « C’est une forme de pression supplémentaire mais dans le sens positif. Tout le monde est là pour nous encourager. Il ne faut pas se rater », explique le sprinter Jimmy Vicaut. « Au foot, on dit que c’est un 12e homme, là il faudrait que ce soit un deuxième perchiste », précise Jérôme Clavier.

En femme d’expérience, Frédérique Bangué confirme l’analyse. Lancée dans un défi pour revenir au plus haut niveau après plusieurs années où elle avait mis sa carrière sportive entre parenthèses, la sprinteuse tricolore se raconte combien « courir à la maison » peut « transcender » un ou une athlète. Une analyse confirmée par sa médaille de bronze mondiale du 60 m en salle obtenue à… Bercy en 1997 : « Ta famille est présente, le public connaît ton nom. Tu as envie de bien faire, de faire plaisir à tout le monde. Cela te porte bien plus que cela ne t’inhibe, même si cela peut aussi être le cas. Il faut juste savoir gérer la pression. »

Le public, lui, n’a qu’une chose à faire : encourager les siens. Sans pour autant huer les athlètes étrangers. « Dans l’athlé, quand le public ne veut pas encourager, il n’encourage pas, mais il garde tout de même le respect des athlètes », nuance Jérôme Clavier. « Il faut que l’ambiance reste dans l’esprit du sport, reprend Jimmy Vicaut. Ça ne sert à rien de tenter de déconcentrer les autres. Au contraire, ça peut les motiver encore plus à tout donner pour faire taire le public. »

Reste une question à double tiroir. Evoluer à domicile peut-il se transformer en inconvénient ? La proximité des siens ne pousse-t-elle pas à se disperser ? Possible. « Il faut faire attention, affirme Frédérique Bangué. A Annecy, cette saison, j’avais un quart d’heure pour m’échauffer mais un homme est venu me présenter sa fille qui court dans des épreuves de jeunes. Il m’a tenu la jambe plus de 10 minutes. J’étais contente de discuter avec eux, ils avaient l’air de beaucoup m’apprécier, mais j’ai dû écourter la conversation et leur faire comprendre que j’avais besoin de temps pour m’échauffer. »

Le problème pourrait se poser à Bercy, où les tribunes sont bien plus proches des athlètes que dans un stade extérieur. Jérôme Clavier élude le problème : « Ecouter quelqu’un dans le public, c’est signe d’un manque de concentration. Il faut rentrer dans sa bulle et ne pas en sortir. Si on commence à écouter ça, on fait des fautes techniques et l’échec arrive vite. » Le message semble donc clair. Encourager sans en faire trop. Pousser les athlètes dans le respect de leur concentration. En suivant ces préceptes, le public de Bercy fera de ces championnats d’Europe en salle la grande fête attendue par tout l’athlétisme français.

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L'oeil de

« Venez tous nous encourager aux championnats d’Europe

en salle à Bercy ! »

Ladji Doucouré