Running

Running et endorphines ou comment être bien dans ses baskets !

Course Endorphine

© DPPI

L’endorphine est une hormone dont les effets sont comparables à ceux des opiacées. Et lorsque nous courons, nous en secrétons beaucoup plus qu’en temps normal. Encore une raison de plus pour vous mettre à courir !

Et si le bonheur était dans la course à pied ? Sans attribuer des effets chimériques à cette pratique sportive, il est juste de mettre ses vertus en valeur. Et elles ne sont pas seulement physiques. Pourquoi ? Parce que la course à pied accélère la production d’endorphines. L’endorphine est une substance produite par certaines cellules du système nerveux central et ayant des propriétés semblables à celles que peut procurer certains opiacées, comme la morphine. Une fois sécrétée, elle se disperse dans le système nerveux central, les tissus de l'organisme et le sang. Et cette endorphine a des effets plus que bénéfiques sur notre psychisme. Lorsque l’on court, la quantité d'endorphines produites augmente progressivement pendant la séance d’entraînement et atteint cinq fois les valeurs de repos, dans un laps de temps situé 30 à 45 minutes après la fin de l’effort. Le taux d'endorphine secrété est évidemment directement lié à l'intensité et à la durée de la séance. Et c’est en pratiquant des activités d’endurance qu’il est le plus important : autrement dit, pas moyen de goûter aux doux bénéfices des endorphines sans avoir soutenu un effort d’au moins quarante-cinq minutes.

Mais justement, quels sont les effets croisés de la course à pied et de l’endorphine ? Ils sont multiples et plutôt agréables. Le premier d’entre eux est l’accession, pendant et après la course, à un état qui se rapproche de l’euphorie. Certains marathoniens vont même plus loin, en parlant carrément d’extase : après une vingtaine de kilomètres parcourus, ils ont littéralement l’impression de se déplacer sans effort. Une autre des ses vertus est d’être anxiolytique. Après 30 minutes de course à pied, les coureurs vont commencer à se sentir apaisés, ce qui va leur permettre de mieux gérer le stress des heures suivantes. Selon des chercheurs allemands du département de neurosciences de l’Université d’Heidelberg, qui ont scientifiquement prouvé tous ces effets dans une très sérieuse étude publiée il y a maintenant deux ans dans le Cortex Journal, l’effet anxiolytique peut persister près de douze heures après la fin de l’entraînement. Autre conséquence : une diminution de la fatigue. Pour permettre à l'organisme de s'adapter à cette situation de stress inhérent à l'activité physique intense, les endorphines modèrent les fonctions cardiaque et respiratoire. Autrement dit, elles limitent l'essoufflement à l'effort et l'épuisement. La sécrétion d’endorphines a également des effets antalgiques : elle arrive à bloquer la transmission des signaux douloureux pendant les quatre heures qui suivent la fin de la séance. Ce qui permet au coureurs de maintenir leurs performances en inhibant des afflictions d'origine musculaire ou tendineuse mais peut aussi avoir des effets beaucoup plus pervers en masquant des douleurs coronariennes ou d'infarctus : cela signifie donc qu’à la moindre douleur à la poitrine, il convient de s’arrêter immédiatement. Enfin l’endorphine générée par la course à pied possède un dernier effet : elle crée de l’addiction. En effet, tous les sportifs réguliers ressentent un manque évident lorsqu’ils sont contraints de stopper la course à pied. La question qui se pose est évidemment de savoir si les endorphines créent un effet de dépendance identique à celui de la morphine. Mais sur ce point, les scientifiques sont heureusement formels : les endorphines sont rapidement détruites par les enzymes de l'organisme. Si les coureurs à pied ressentent un manque lorsqu’ils ne s’entrainent plus de façon aussi régulière ou sont contraints de s’arrêter pour cause de blessure, ce ne sont pas que les endorphines leur font gravement défaut mais plutôt le bien-être et le plaisir procurés par cette activité.