Objectif Londres

L’incroyable come-back de Véronique Mang

Véronique Mang fait un come back frappant

© DPPI

Double médaillée d’argent sur 100 m et avec le relais féminin l’été dernier lors des championnats d’Europe de Barcelone, la Française a été conquérir ces deux médailles après une longue traversée du désert.

En 2003, vous avez été sacrée championne d'Europe junior sur 100 et 4x100 mètres. L’année suivante, vous avez remporté la médaille de bronze des J.O. d’Athènes avec le relais féminin. Et ensuite, on n’a pratiquement plus entendu parler de vous jusqu’à Barcelone. Que s’est-il passé ?

« Après Athènes, il y a eu un moment pendant lequel j'ai stagné. Je suis tout de même revenu à mon niveau en 2006 mais par la suite, j'ai ressenti une certaine saturation. Mes études commençaient à traîner en longueur : j'ai donc décidé d'arrêter l'athlétisme pendant deux ans pour obtenir ma licence de droit. Ce qui a été une bonne chose. Je n'ai pas totalement coupé le lien avec le sport mais j'en ai profité pour prendre soin de moi ! J’avais besoin de me régénérer, de trouver un équilibre. »

Avez-vous trouvé cet équilibre aujourd'hui?

« Oui, absolument ! Depuis l'été 2009, je m'entraîne avec Olivier Marchand et nous sommes vraiment sur la même longueur d'onde. J'ai évolué dans ma façon d'aborder l'athlétisme : j'ai un rapport beaucoup plus intime avec la compétition. C'est un combat avec moi-même. Bref, j'ai trouvé une stabilité avec cet entraîneur et mes performances parlent d'elles-mêmes : à Athènes, en 2004, j’ai couru le 100 m en 11’’24, mon record personnel et cet été à Barcelone, j’ai couru en 11''11 ! Ce sont vraiment la patience et la persévérance qui m’ont permis de réaliser ce chrono. A côté de ça, je poursuis mon Master de droit : l’année prochaine, je pourrai ainsi travailler en tant que directrice d'agence bancaire à mi-temps, tout en préparant mon objectif principal, les Jeux Olympiques de Londres. »

En quoi ces championnats d'Europe étaient différents de ceux que vous aviez disputés auparavant ?

« D'un point de vue personnel, c'est ma première médaille individuelle. En finale j'étais seule face à mon destin, je voulais me prouver à moi-même que je pouvais le faire. Quant à l’équipe de France, cela n’avait rien à avoir non plus. J’ai vu passer pas mal de générations depuis le début de ma carrière. Lors des Mondiaux à Paris, par exemple, l'ambiance était moins festive même si c'était en France. Aujourd'hui mes coéquipiers affichent clairement leurs ambitions, personne n'a froid aux yeux. Barcelone a été un vent de fraîcheur et je suis honorée d'en avoir fait partie. Je pense que ça restera gravé dans l’histoire du sport français même s'il ne faut pas se voiler la face et savoir qu'il y a une réelle différence entre le niveau européen et mondial. »

Serez-vous de la fête aux championnats d'Europe indoor de Bercy en mars prochain ?

« Je dois déjà réussir les minimas et être performante aux championnats de France (NDLR, qui se disputeront en février à Aubière, dans le Puy-de-Dôme). Mais bien sûr j'aimerais y être ! Ce sera dans la continuité de Barcelone et c'est toujours bénéfique de courir devant un public qui vient pour nous. Je sais que si j'y participe, je n'aurai pas de pression particulière : je ne veux pas me laisser dépasser par l'événement. Je tiens à rester prudente dans mes ambitions comme dans mes déclarations. Il faut garder la tête froide après chaque performance. L'humilité est très importante. On n'est jamais sûr de rien ! Ce qui importe c'est de prendre du plaisir et de donner le meilleur de soi-même. »

Propos recueillis par Samuel Coco-Viloin

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