Objectif Londres

Christophe Lemaître, un bleu chez les Bleus

Le nouvel espoir du sprint français Christophe Lemaître dans la cour des grands

© DPPI

Pas facile de plonger dans le grand bain du plus haut niveau mondial quand on est encore junior. Christophe Lemaître, 18 ans, l’a découvert aux Mondiaux de Berlin. Une aventure dont il avoue être sorti plus fort. Et la tête pleine de souvenirs.

Ces championnats du monde à Berlin, vos premiers chez les seniors, vous ont laissé quel goût ?

« J’avoue être un peu partagé. Je suis déçu de ma performance individuelle, sur 100 m. J’ai commis un faux-départ éliminatoire en quart-de-finale, mon premier en quatre ans d’athlétisme. J’ai craqué, je crois. Une faute technique qui me laisse un sentiment de frustration. Je n’ai pas pu donner mon maximum, alors que j’avais peut-être ma place en demi-finale. Mais, d’un autre côté, j’ai disputé une finale mondiale, avec le 4x100 m. Notre huitième place ne reflète pas notre vraie valeur, mais c’était quand même une finale mondiale. »

Qu’apprend-on, en débarquant ainsi aux championnats du monde, à seulement 18 ans ?

« Beaucoup de choses. Et tout à la fois. L’ambiance, la pression, la réalité du haut niveau. Jusque-là, tout ça m’était inconnu. La dernière fois, en 2007, je regardais l’évènement devant ma télévision. Cette fois, je suis passé de l’autre côté de l’écran. Je l’avoue, ça me fait un peu bizarre. Cette découverte n’est pas facile, je crois d’ailleurs avoir un peu subi l’évènement. Mon faux-départ en est la preuve. »

Vous êtes reparti de Berlin plus fort que le jour de votre arrivée ?

« Oui. Mentalement, j’ai changé. Je ne commettrai plus les mêmes erreurs. Le faux-départ, par exemple. J’ai aussi beaucoup observé les autres, les grands. Je m’en servirai à l’avenir. »

Pendant ces championnats, vous étiez déjà un senior, ou encore un peu junior ?

« C’est difficile à dire. Encore un peu junior sur 100 m, sans doute. J’y suis encore tellement perfectible...Mais définitivement un senior au 4x100 m. »

A Berlin, l’ambiance était-elle comparable à celle des championnats du monde juniors en 2008, où vous aviez remporté le titre sur 200 m ?

« Non, c’est vraiment incomparable. Le niveau, bien sûr, n’a rien à voir. Le public, non plus. Samedi, pour la finale du 4x100 m, c’était énorme. Je n’avais jamais connu une telle ambiance dans un stade. J’ai essayé de rester concentré, mais j’avais du mal à ne pas regarder ces tribunes pleines. Et puis, j’ai beaucoup été impressionné par la présence autour de moi, sur la piste, à l’hôtel, de tous ces anciens, les plus grands. Ils ont l’habitude et l’expérience, ça se voit. Moi, je débarquais. »

Vous avez vu Usain Bolt. Vous avez même couru contre lui, en finale du 4x100 m. Il vous a fait quelle impression ?

« Il arrive à enchaîner les courses, sur 100, 200 et 4x100 m, sans baisser d’intensité, à la fois physiquement et mentalement. Au-delà de ses records, c’est cette capacité qui m’impressionne. »

Il vous inspire ?

« Par son relâchement, certainement. Il nous montre à tous, les athlètes, que conserver sa décontraction jusque sur la ligne de départ n’empêche pas de réussir des performances. Moi, je suis souvent trop crispé et tendu avant une course. En restant plus relax, j’arriverai peut-être à courir plus relâché. Et donc à aller plus vite. »

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