Dernière ligne droite avant Bercy
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Pour les athlètes participant aux compétitions hivernales indoor, le mois de janvier est marqué par ce qu’on appelle dans le jargon « les séances spécifiques », qui sont en quelque sorte des simulations de la compétition. Témoignages de champions.
Benjamin Compaoré, 5ème des derniers championnats d'Europe au triple saut, considère ce type de séance comme un entraînement à part entière. Ce n'est pas une mini-compétition. « Il s'agit avant tout de réglages pendant lesquels j'essaie d'être le plus précis possible. Évidemment, ce ne sont pas des séances anodines, il y a beaucoup plus d'envie que pour une séance d'aérobie par exemple. J'y prends plus de plaisir qu'avec les séances de ''prépa'' physique car c'est agréable d'avoir de bonnes sensations, de ressentir la puissance... Mais ce n'est tout de même pas comparable à une compétition. Aujourd'hui, je les aborde avec plus de sagesse qu'avant. Il faut être plus attentif car on sollicite plus le corps. Je sais que ce n'est pas en faire trop qui aide à progresser. Je ne me dis pas que je dois réussir tel ou tel exercice pour être champion du monde mais ça peut permettre de passer un cap. »
Comme Benjamin, le champion d'Europe de saut à la perche Renaud Lavillenie ne fait pas de lien direct entre la séance spécifique et la compétition. « Cette phase d'entraînement ne représente pas une simulation de manière générale. Il peut m'arriver parfois de me mettre en situation pour préparer un championnat. Par exemple, si le concours de ''qualif'' est tôt le matin, je vais m'habituer à sauter à la même heure pour prendre des repères. Je peux aussi réduire le nombre de sauts pour me rapprocher du contexte de la compétition. A ce moment de la saison je suis dans l'optique de continuer à travailler le geste technique. J'ai quand même certains repères en termes de performance. Je sais que si j'arrive à prendre une grosse perche en particulier, à maîtriser techniquement le saut, ça devrait donner quelque chose de bon en compétition mais ça ne reste que des repères... »
Pour la vice-championne d'Europe du 100 mètres et du 4x100 mètres, Véronique Mang, c'est le moment de la mise en place ''du protocole''. « C'est là que je dois mettre les choses en place. Je dois être prête à mettre les bonnes intentions de courses : comprendre et appliquer les consignes que l'entraîneur me demande. Tout est pointilleux, toutes les phases de la course sont exploitées, de la mise en action au sprint pur. L'exercice n'est pas dû au hasard, je sais qu'il me servira pour la suite. C'est pour cela qu'à ce moment, c'est la concentration qui prône, c'est à l'entraînement que tout se fait. J'aime cette recherche, cette rigueur, qui me poussent à être à 100% à chaque fois. Cependant, il faut accepter de ne pas être au top tout le temps, on n'est pas des machines ! Quand un exercice me donne du fil à retorde, je me bouscule. Je me dis : là il faut absolument que tu le fasses bien pour progresser ; tu peux le faire, tu en es capable, tu vas y arriver ! »
Samuel Coco-Viloin

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