Insolite

Champions de la piste et rois de la mode

Phillips Idowu, l'un des athlètes les plus excentriques

© DPPI

Les combinaisons des athlètes sont pour le moins uniformes. Mais pas leur style. Car nombreux sont les champions qui tentent d’apporter leur touche vestimentaire sur la piste comme en dehors. Une tendance à l’excentricité contrôlée qui plaît au public. 

Les habitués des hôtels hébergeant des athlètes pour une compétition ne nous contrediront pas. Reconnaître les champions a toujours été une activité facile. Question de physique, d’abord. Question de style vestimentaire, ensuite, tant les athlètes sont nombreux à arborer le combo survêtement-tongs dans les couloirs de ces établissements. Une décontraction sportive logique à la veille des efforts mais qui ne doit pas faire oublier une autre réalité : les rois des pistes et autres sautoirs sont très souvent des fans absolus de mode. Qui n’hésitent pas à nous gratifier de styles à l’excentricité toujours plus grande.

Les exemples, actuels ou historiques, pullulent. Qui a oublié les bodys fluo ou les ongles peints et longs de 15 centimètres de Florence Griffith-Joyner, éternelle recordwoman du monde du 100 mètres ? Qui ne se souvient pas des chaussures dorées de l’extraterrestre du 200 et 400 mètres, Michael Johnson, lors des Jeux d’Atlanta en 1996 ? Dans un sport où élégance du geste rime avec performance, l’habit ne fait pas le moine mais le met à coup sûr en valeur. L’athlétisme moderne ne déroge pas à la règle. Et la palme revient aux sauteuses en hauteur.

Entre la coiffure punk blonde platine de l’Allemande Ariane Friedrich et le maquillage travaillé dans le moindre détail de la Croate Blanka Vlašic, la finale des derniers championnats du monde, à Berlin en 2009, aurait pu se dérouler sur un podium… de défilé de mode. Logique lorsque l’on sait combien la grande Blanka (1,92 m) aime les talons hauts et les robes de soirée. « J’aime la mode, voir ce qui est trendy ou pas. Je choisis ce qui me plaît dans les tendances mais je ne suis pas une fashion victim, a confié Vlašic à Athlenergy.com. J’essaie juste d’avoir un look sympa, de m’habiller en fonction de ce que je ressens. Je me maquille toujours avant une compétition car lorsque je saute, beaucoup de gens me regardent. Toutes les femmes athlètes le fond. On peut être à la fois féminine et une bête sauvage sur la piste ! »

Les hommes, eux, savent aussi s’amuser avec leur style. La palme d’honneur revient aux spécialistes du triple saut. En 2010, on a ainsi pu voir notre Teddy Tamgho national disputer, et remporter, le meeting de Villeneuve d’Ascq avec une bretelle de sa combinaison retroussée. Un hommage vestimentaire au Cubain Aliecer Urrutia, ancien détenteur du record du monde en salle du triple saut, un habitué de cette tenue en son temps.

L’un des grands rivaux de Teddy, le Britannique Philips Idowu, champion d’Europe de la spécialité, n’est pas en reste. Témoins ses multiples piercings sur le visage, ses pulls de grands couturiers, ses casquettes de rappeur américain et, surtout, ses cheveux teints de différentes couleurs plus excentriques les unes que les autres selon l’humeur du moment. Une habitude dont il a témoigné sur Athlenergy.com : « Je peux passer du blond au bleu, au rouge ou à n’importe quoi. Lors des derniers Jeux du Commonwealth, je m’étais même teint le drapeau britannique dans les cheveux. Changer d’apparence me met à l’aise. Parfois, mes teintures sont ratées. C’est pour ça que j’ai beaucoup de casquettes ! » Folie mais maîtrise du style : la patte Idowu. 

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