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Kevin Mayer, l'avenir devant lui

Kevin Mayer, l'avenir devant lui

© DPPI

Champion du Monde cadet en 2009, Kevin Mayer a encore gravi un échelon en devenant champion du Monde junior du décathlon cette année. Avec lui, la relève est en marche.

L’école, on ne le répètera jamais assez, est une mine d’or pour la Fédération française d’athlétisme. Car comme bien d’autres champions avant lui, c’est grâce aux cross organisés par son collège que Kevin Mayer a découvert l’athlé. Très vite, il s’essaie à toutes les épreuves et participe aux Pointes d'Or, l'équivalent des championnats de France d'épreuves combinés pour les catégories de 12 à 15 ans. Il y obtient des résultats honorables, qui ne laissent en rien présager les prémices d’une quelconque carrière. Mais il s’obstine, et progresse lentement mais sûrement. « J'ai commencé par gagner les championnats régionaux, puis les championnats de France et finalement les Mondiaux, se souvient-il. Les choses se sont tout simplement faites progressivement. »

En 2010, alors qu'il est deuxième au bilan mondial avant le championnat du Monde junior qui se déroule à Moncton au Canada, Kevin remporte le titre après un scénario digne d'une fiction. « J'ai fait une très bonne première partie de décathlon puisque je bats mes records au 100 mètres, à la longueur, au 400 mètres et sur les haies. » Après le 110 mètres haies, le Français a 248 points d'avance sur son rival russe qui va lui reprendre presque 300 points en trois épreuves... « J'avais une tendinite au coude, je n'ai pas pu lancer correctement le javelot, j'ai dû me contenter d'un jet à 49,76 m (pour un record à 54,86 m). Alors que j'étais plutôt serein le stress est monté d'un coup quand j'ai su que j'étais mené avant la dernière épreuve. » Une dernière épreuve gagnée haut la main, qui lui assure la victoire finale avec un nouveau record de France porté à 7928 points. « J'étais très content de gagner c'est sûr, ça restera mon plus beau souvenir de cette saison mais je garde quand même un attachement plus important pour mon titre en cadet. Contrairement à cette année où je figurais déjà parmi les favoris, en cadet je découvrais tout, c'était magique. En junior, j'avais plus le sentiment d'un devoir à accomplir. »

Des devoirs, il y en aura beaucoup d'autres mais le Montpelliérain préfère vivre pleinement une année après l’autre, sans trop se pencher sur l'avenir. « J'ai besoin de me fixer des objectifs à court terme, le long terme tient plus pour moi du domaine du rêve. J'aimerais cette année passer les 8000 points et remporter les championnats d'Europe junior. Cette saison, je vais commencer les compétitions avec les seniors. Ce sera pour m'amuser car je sais que je n'ai pas encore le niveau pour concurrencer les autres, d'autant plus que je ne suis pas habitué aux engins seniors, surtout pour les lancers ! De toute façon je ne vise pas l'équipe de France A dès maintenant, même si j'aimerais la rejoindre au plus vite. Chaque chose en son temps. » Entrainé par Bertrand Valcin et Jean-Yves Cochand depuis trois ans, le partenaire d'entrainement de Romain Barras va devoir, en arrivant chez les seniors, se mettre à la musculation. « Comme ça, on arrêtera de me parler de mon physique », s'amuse Kevin Mayer, du haut de son mètre quatre-vingt-cinq pour seulement soixante-douze kilos. Comme tous les jeunes de son âge, Kevin aime sortir, passer du temps avec ses amis avec qui il fait des randonnées, du ski et du golf. Il est également passionné de montage vidéo. Actuellement étudiant au département de Génie biologique à IUT de Montpellier, Kevin se verrait bien devenir athlète professionnel. Mais comme il le répète sans cesse : chaque chose en son temps.

Samuel Coco-Viloin

AREVA partenaire de l'athlétisme
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