Myriam Soumaré : ma vie en dehors de l'athlé
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La championne d'Europe de Barcelone sur 200 mètres nous ouvre la porte d'une face méconnue de sa vie. Myriam Soumaré est une athlète, mais pas seulement : depuis deux ans, elle travaille en effet en tant qu’auxiliaire puéricultrice dans une crèche à Sarcelles.
La reprise du travail n'a pas été trop dure après l'euphorie de Barcelone?
« En réalité j'étais très pressée de repartir au boulot. Cela signifiait que le championnat était fini, que j'allais reprendre ma vie. Je dois quand même avouer que ça change de se lever à sept heures quand on s'est habitué à se réveiller à midi ! »
Votre vie professionnelle a-t-elle changé depuis votre titre?
« Quasiment pas, j'avais déjà de bons aménagements puisque je ne travaille que de 8 heures à 13 heures afin de m'entrainer le soir. La seule différence c'est qu'auparavant j'avais mon vendredi de libre en période de compétition et désormais j'ai aussi le lundi. Comme les enfants sont trop petits pour me reconnaître, rien n'a changé, et tant mieux car ça me coupe de l'athlé ! C'est le bon côté du boulot. »
Pourquoi avoir fait le choix de continuer à travailler plutôt que de faire de l'athlétisme à plein temps?
« J'ai essayé après mes études mais je n'arrivais pas à m'entrainer. Je dormais toute la journée alors j'étais molle à l'entrainement. Je n'avais plus de vie sociale non plus. Je ne pourrais pas penser à l'athlétisme tout le temps. C'est l'association des deux qui me plait. L'athlétisme m'apporte la confiance, la sensation de dépassement de soi. Je n'arrive pas à considérer le sport comme un métier, il faut que ça reste un plaisir alors que le boulot me permet de me sentir utile, d'être dans la vie active. C'est pour cela qu'après ma carrière j'aimerais devenir éducatrice spécialisée pour enfants en difficulté ou handicapés. C'est un besoin pour moi : si je peux apporter mon aide, je serai heureuse. »
Quels sont vos loisirs?
« J'aime les plaisirs simples. Je passe beaucoup de temps avec mes amies. Je suis une grande gourmande donc dès qu'il y a de la bouffe je suis là. Mon passe temps favori reste le sommeil : j'adore dormir! Depuis les championnats d'Europe, tout cela m'a manqué car j'avais énormément de sollicitations médiatiques, je n'avais plus le temps à moi. Je n'ai même pas pu fêter mes médailles comme je le souhaitais. »
Pensez-vous que cette nouvelle notoriété vous a changé?
« Au lendemain de mon retour, ma mère m’a demandé si je préfèrais passer le balai ou nettoyer la vaisselle. Comment pourrais-je changer dans ce contexte? C'est bien d'avoir un entourage pour nous faire garder les pieds sur terre car quand on vous répète dix fois par jour « t'es trop forte, t'es trop belle, c'est énorme ce que tu as fait! », on peut finir par y croire. Il y avait des journalistes devant chez moi, mon téléphone sonnait tellement que j'ai changé de numéro. J'ai même eu une période pendant laquelle j'ai eu un coup de blues, j'étais dépassée par l'événement, j'ai préféré tout refuser. Mon entourage a joué un rôle essentiel en me protégeant à ce moment. La notoriété ce n’est pas mon truc. Je suis et reste une fille simple. Je préfère rester discrète et partager ce que j'ai avec mes proches. Aujourd'hui il faut tourner la page et préparer la suite. »
Propos recueillis par Samuel Coco-Viloin

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