Objectif Londres

Elodie Guégan, l’artiste du 800 mètres

Elodie Guégan, l’artiste du 800 mètres

© DPPI

A 25 ans, Elodie Guégan reste un grand espoir du 800 mètres féminin. Un espoir qui n'a pas été épargné par les blessures jusqu'à présent. Rencontre avec une athlète plus que jamais déterminée à réussir.

Son coup de foudre pour l’athlétisme, Elodie Guéguan le doit à son prof d’EPS, qui lui fait découvrir cette discipline, alors qu’elle est collégienne près d’Auray, dans le Morbihan. Ce qui n’est d’abord qu’un prétexte pour être avec les copains et rater les cours du mercredi après midi, devient vite un vrai plaisir pour la Bretonne. A tel point qu'elle délaisse le basket-ball après quatre ans de pratique. Elle débute naturellement par le cross, une institution dans sa région d'origine, avant de s'orienter vers la piste avec le 1500 mètres puis le 800 mètres. Après une cinquième place aux championnats du Monde junior de Grosseto en 2004, conquise alors qu’elle ne s’entraîne encore que trois à quatre fois par semaine, Elodie Guégan décide de tenter sa chance dans le sport. Elle délaisse l'école d'infirmière du Mans dont elle a réussi le concours et s’exile. Car s'impliquer plus sérieusement, cela signifie rejoindre la capitale : en 2007, elle devient pensionnaire à l’INSEP, où elle s’entraîne sous la houlette de Bruno Gajer. L'objectif est clair : devenir pro. Et pour l'aider, la Fédération Française d'Athlétisme lui propose en 2008 un partenariat avec la gendarmerie nationale. « C'était un projet super intéressant ! J'ai accepté de suite. Cela me permet de m'investir pleinement dans le sport et d'avoir un avenir professionnel après ma carrière. Je suis détachée totalement donc mon rôle est principalement de représenter au mieux l'armée lors des compétitions (Elodie est championne du Monde militaire du 800 mètres en 2009, NDLR). Je bénéficie d'une sérénité, d'une sécurité par rapport à mes résultats, c'est énorme, surtout en période de blessure comme ce fut le cas. Ce n'est pas le même rapport qu'avec une boîte privée, nous sommes beaucoup de sportifs, il y a un vrai soutien derrière. »

A propos de blessure, celle que la gendarme s'amuse à nommer sa ''petite sœur'', une tendinite tenace, ne la quitte malheureusement pas depuis 2007. Contrainte à abandonner en demi-finale des Jeux de Pékin en 2008, elle garde un souvenir amer de cette première aventure olympique. Rebelote en 2009, elle ne peut s'exprimer totalement à Berlin lors des championnats du Monde et sort en demi-finale à plus de cinq secondes de son record (2'04'38 contre 1'58'93). 2010 est marquée par une absence totale de compétition et une opération, pour se débarrasser de cette blessure. « La rééducation fait prendre conscience de plein de choses : elle apprend à être patient. Quand je ferai une belle performance je saurai mieux la savourer désormais. »

Pendant ces longs mois sans entraînements ni compétition, Elodie, qui a la chance de ne jamais s’ennuyer, en a profiter pour passer du temps avec ses copines et sa famille, lire, aller visiter des expos. « En athlétisme, il faut un peu de folie pour réussir, faire la différence. Mais dans l'art, c'est du génie qu'il faut pour créer. J'admire cela car je n'ai pas du tout le sens de la création même si j’ai beaucoup d’imagination ». Elodie, qui a le sens de l’effort, sera de retour sur les pistes l’été prochain. Et comme le sport, dans son expression corporelle, est finalement aussi une forme d’art, elle espère bien réussir un chef d’œuvre.

Samuel Coco-Viloin

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