Sportcom, l’école de journalisme des champions
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Sportcom est une formation qui permet aux athlètes de haut niveau de préparer leur reconversion dans le journalisme et la communication tout en poursuivant leur carrière sportive. Histoire d'une école pas comme les autres.
Créée à l'initiative de Jacques Marchand, président le l'Union des Journalistes Sportifs Français (USJSF), la formation est initialement proposée pour résoudre le problème d'un cas particulier : Céline Géraud, aujourd’hui présentatrice sur Orange TV. Au milieu des années 80, la judokate, qui sera sacrée vice-championne du monde en 1989, est inscrite au Centre de Formation des Journalistes (CFJ) à Paris, rue du Louvre mais rencontre de grosses difficultés pour mener à bien ses études et ses entrainements à l'INSEP. D’où l’idée de créer une école de journalisme spécialement destinée aux sportifs de haut niveau, grâce à un partenariat entre le CFJ et l'INSEP et au soutien du Comité Olympique National Français (CNOSF). Sportcom est née : nous sommes le 7 avril 1987.
Aujourd'hui responsable de la formation, Aldo Canti, ancien recordman de France du 400 mètres, fait partie de la première promotion. C'est en souriant qu'il se souvient : « Au début, les fondateurs faisaient le tour des sportifs pour composer une promotion. Je ne savais pas trop où cela allait me mener mais je trouvais l'idée intéressante donc je me suis lancé ». Quelques années plus tard, diplôme de Sportcom en poche, Aldo Canti deviendra directeur de la communication à l'INSEP. De cette même première promotion est sortie Maryse Ewanjé-Épée, vice championne d'Europe en salle de saut en hauteur en 1984 et détentrice du record de France jusqu'en 2007, aujourd’hui journaliste sur RMC.
Les locaux de Sportcom sont allés à l’INSEP, ce qui permet aux sportifs de suivre à la fois les 4 heures de cours quotidiens et leurs entraînements. Après deux ans de formation, les étudiants doivent se consacrer à une troisième année de spécialisation en presse écrite, radio, télévision, communication ou journalisme multimédia. En fonction de leurs contraintes sportives, les athlètes peuvent aussi accéder à un parcours individualisé grâce auquel ils peuvent passer le diplôme au bout de 4 ou 5 ans au lieu de 3. Depuis sa création, Sportcom compte 114 diplômés. Le diplôme est reconnu par l'État comme un BTS (bac+2) et débouche sur divers métiers allant du journalisme à des fonctions d'attaché de presse ou de responsable de communication dans les collectivités locales et territoriales, les clubs, les fédérations, les entreprises et dans les médias.
Parmi les récents diplômés se trouve Florian Gaudin-Winner, coureur de 800 mètres et rédacteur en chef d'Athlétisme Magazine. Lorsqu'il s'inscrit en lettres modernes à la fac, il ne sait pas qu'une section pour sportifs de haut niveau existe. C'est le coup de fil d'un ami qui changera ses plans. « Je n'ai jamais eu l'ambition de vivre de l'athlétisme mais Sportcom m'a permis de me former tout en continuant à m'entrainer. D'ailleurs, j'ai réalisé mon record personnel et obtenu mes podiums nationaux pendant la formation. » Son diplôme en poche, il reçoit un appel de la Fédération Française d'Athlétisme l'informant de la création d'un poste de journaliste à plein temps. « Je n'ai pas hésité, j'ai tenté ! » Depuis, Florian cumule ses fonctions de rédacteur en chef et s’entraîne encore, pour le plaisir, quatre fois par semaine. Les compétitions, il les fait désormais dans une autre catégorie : c’est lui, en effet, qui a remporté la course des journalistes organisée par la fédération internationale d'athlétisme lors des championnats du Monde de Berlin, en 2009. Comme il le raconte malicieusement, c’est lui, qui a ramené « la première médaille française ». Les autres, « les vraies », il les a regardé depuis les tribunes de presse.
Samuel Coco-Viloin

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