Objectif Londres

Avec Jimmy Vicaut, Christophe Lemaitre a du souci à se faire !

Avec Jimmy Vicaut, Christophe Lemaitre a du souci à se faire !

© DPPI

A seulement 18 ans, il court déjà le 100 m en 10’’16. Jimmy Vicaut est la révélation d’une année 2010, qui l’a vu conquérir un podium aux championnats du Monde junior et un titre de champion d'Europe du 4x100m.

C'est parce qu’il a remarqué que son fiston courait plutôt vite que le père de Jimmy Vicaut décide d’inscrire son fils à l’athlétisme. Le gamin a dix ans, et il commence par s’essayer à toutes les disciplines. N’ayant pas assez de force pour les lancers et ne cultivant pas le goût des efforts longs, le sprint s’impose naturellement pour Jimmy. A 15 ans, Jimmy, qui s'entraine au Paris Avenir Athletic, court déjà le 100 m en 11''67. Un an plus tard, le chrono tombe à 10''75 ! Alors que l’athlétisme n’était jusque là à ses yeux « qu’un loisir et un truc marrant », il décide de s'entrainer de façon plus professionnelle.

En 2009, il rejoint le groupe de Guy Ontanon à l'INSEP et s'entraine avec son assistant Dimitri Demonière, qui est en charge des jeunes. Il y découvre la musculation et les courses en côtes, mais surtout un entrainement plus consistant, avec cinq séances hebdomadaires. « Il me fallait un travail plus méthodique, plus pro. Je suis un bosseur, c'est très important pour moi de travailler dur. » Et le travail paie ! Quelques mois après son arrivée, la nouvelle recrue échoue à 2/100 seulement du record de France du 60 mètres détenu par Ladji Doucouré en 6''78. Lui qui n'aime pourtant pas le sprint long se console avec celui du 200 mètres en salle, en 21''67. Ses progrès fulgurants vont faire découvrir au jeune espoir la joie de porter le maillot tricolore et avec, sa première grosse déception. Lors des championnats du Monde cadet, Jimmy Vicaut finit septième alors que le podium semblait lui tendre les bras. Il prend sa revanche l'année suivante chez les juniors avec une troisième place mondiale.

Intégré au collectif du relais pour Barcelone grâce à son chrono de 10''16, il réalise la chance qu'il a mais également l'attente et la pression qui pèse sur lui. « En relais, c'est différent, il n'y a pas que toi, tu penses à l'équipe. J'étais très stressé au départ de la finale. J'avais mal ventre ! Je me disais que je n’avais pas le droit à l'erreur ! Je ne voulais pas qu'on dise c'est à cause du p'tit junior que ça a raté, parce qu’il n’avait pas supporté la pression !»

Pour ce que qui est de la pression « le p'tit » a mis les choses au clair, puisque le relais tricolore a remporté l’or. Jimmy est encore junior pour la saison à venir et comme il a besoin de se fixer des objectifs, il s'est donné pour challenge de succéder à Christophe Lemaitre pour le titre de champion d'Europe junior et par la même occasion s'emparer de son record continental (10''04). Mais Jimmy ne veut pas de comparaison. « Je ne fais pas du tout attention à lui, même si parfois je me dis que c'est bien ce que j'ai fait et que malgré tout, personne n'en parle... Mais ce n'est pas grave je ne vais pas me prendre la tête pour ça !»

Pas de comparaison avec les meilleurs et pas d'idolâtrie non plus. Même s'il avoue apprécier Tyson Gay pour sa volonté d'essayer de battre Usain Bolt quand d'autres ont déjà renoncé. Cette volonté se retrouve chez Jimmy. « Si je travaille dur, je peux faire ce que font les meilleurs. » Parallèlement au sport, Jimmy passe son bac professionnel de système électronique et numérique. Même s'il souhaite faire du 100 mètres son métier, il est conscient qu'une blessure pourrait mettre un terme à sa carrière et prépare déjà sa reconversion. Son temps libre, il le passe avec ses amis, sa copine, au cinéma ou devant les jeux vidéo. « C'est bien aussi de se changer les idées, de sortir un peu du sport. » Persévérant et fonceur, le jeune sprinteur compte bien faire partie de l'histoire du sprint. Jimmy Vicaut, un nom à retenir !

Samuel Coco-Viloin

AREVA partenaire de l'athlétisme
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