Daniel et Garfield Darien : le 110m haies, une histoire de famille
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Dans les années 80, Daniel Darien a été l’un des meilleurs hurdlers tricolores. Devenu aujourd’hui coach, à Lyon, il entraîne notamment un certain Garfield Darien, médaillé d’argent sur 110 m haies à Barcelone, qui n’est autre que son fils ! Interview.
Daniel, votre fils, Garfield, s’est-il lancé dans les haies « pour faire comme papa » ?
« Vous allez rire, mais c’est sa mère, pas du tout issue du milieu de l’athlétisme, qui l’a poussé à me rejoindre à l’entraînement. Je ne l’ai pas du tout forcé, je vous le promets ! Après avoir essayé plusieurs sports, comme le taekwondo, le tennis ou le football, il a tout plaqué pour le 110 m haies. Il s’entraîne désormais avec moi depuis 2004 ».
Daniel, en tant qu’ancien athlète, quels conseils donnez-vous à Garfield pour l’aider dans sa progression?
« Pour la technique, j’essaye de lui donner des petites astuces, même si à ce niveau-là je n’ai pas grand-chose à lui apprendre. Le geste du franchissement, il l’a toujours eu. À 3 ans, il passait déjà des petites barrières d’échauffement quand j’ai commencé ma carrière d’entraîneur ! Ayant une expérience du haut niveau et de l’équipe de France, je l’aide à mieux gérer le stress, sa préparation avant les compétitions, sa préparation mentale… A ce niveau, je pense lui apporter un petit plus par rapport à d’autres coachs ».
A l’entraînement, ce n’est pas trop dur d’être le coach de son propre fils ? Garfield a-t-il droit à un traitement de faveur ?
« Je pense avoir le même comportement avec lui qu’avec mes autres athlètes, il n’y a aucun favoritisme. Il n’y a pas d’histoire de père et de fils quand on est sur la piste. Je dirais même que c’est avec lui que je m’engueule le plus ! Il est le leader de mon groupe d’entraînement et se permet de me dire des choses que mes autres athlètes n’oseraient peut-être pas ».
En tant qu’entraîneur, comment vous définiriez-vous ? Existe-t-il un style Darien ?
« De part mon passé de sportif, je suis un coach rigoureux et précis mais je n’en reste pas moins très proche de mes athlètes. Je suis quelqu’un qui donne beaucoup d’importance au dialogue et qui aime rigoler. Je regarde également beaucoup de vidéos des meilleurs hurdlers de la planète pour adapter ma méthode d’entraînement et aider mes protégés à progresser. Cette année, Garfield a pris de l’assurance en tant qu’athlète. Ça a été aussi mon cas en tant qu’entraîneur ».
A la maison, vos sujets de conversation avec Garfield doivent souvent tourner autour du 110 m haies…
« C’est un sujet qui revient tout le temps lors des repas en famille, c’est un peu la marque de fabrique des Darien ! Nous parlons très souvent de sport en général car nous pratiquons tous une activité physique. De plus, j’organise régulièrement des repas chez moi avec les athlètes de mon groupe d’entraînement pour renforcer le lien entre nous ».
Avec une médaille d’argent aux Championnats d’Europe, peut-on parler d’une saison réussie pour Garfield ?
« Barcelone était quelque chose d’important pour lui, l’objectif numéro 1 de sa saison. Même s’il n’a pas gagné, terminer deuxième à seulement 22 ans d’une grande compétition continentale, c’est déjà super bien ! C’est son premier podium chez les seniors. Il doit désormais s’en servir comme d’un tremplin pour l’avenir. Nous savons tous les deux qu’il nous reste encore du travail pour être compétitif aux Mondiaux en 2011 ».
Quels sont vos prochains objectifs à tous les deux ?
« Avec Garfield, nous travaillons dur pour faire encore mieux à l’avenir. L’année prochaine, nous visons au minimum une place en finale des Mondiaux de Daegu en Corée du Sud. S’il arrive à enchaîner les performances en 2011 et qu’il arrive en pleine possession de ses moyens, je pense même qu’il peut éventuellement viser le podium. En terme de chrono, il devra de toute façon battre ou s’approcher le plus possible du record de France de Ladji Doucouré (12’’97) pour pouvoir espérer rivaliser avec les meilleurs ».

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