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Ghani Yalouz : « Avec les athlètes, je suis comme un grand frère »

Ghani Yalouz : « Avec les athlètes, je suis comme un grand frère »

© AFP

Directeur technique national depuis 2009, Ghani Yalouz a grandement contribué à la réussite de l'athlétisme français cette saison. Pour athlenergy.com, l’ancien lutteur, médaillé d’argent aux J.O. d’Atlanta en 1996, revient sur les raisons de ce renouveau.

Dix-huit médailles, dont huit en or… La plupart des athlètes français vous attribuent la moisson historique des championnats d’Europe de Barcelone. Quel a été votre rôle dans ce succès ?

« Cela me fait plaisir de les entendre parler ainsi de moi et j’en suis très touché. Mais ce sont eux qui nous ont fait vibrer cet été, c’est donc à eux que reviennent ces victoires. Je n’oublie pas non plus que derrière ces médailles, il y a aussi un gros travail de fond effectué par la Fédération avec les entraîneurs, les athlètes, les partenaires comme AREVA, le staff médical… C’est avant tout la réussite d’un groupe, d’un collectif et je suis fier d’y avoir apporté ma petite contribution ».

Considérez-vous le succès barcelonais comme une revanche par rapport aux critiques sur votre nomination en 2009 ?

« Absolument pas. Cela fait partie du jeu de se faire critiquer et cela ne me gêne pas. Mais je pars du principe qu’il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne risquent rien. Ma vie a toujours été faite de défis, se dépasser est pour moi un besoin, cela me motive énormément. Quand Bernard Amsalem m’a proposé ce poste de DTN il y a un an et demi, je n’ai pas hésité une seule seconde. Aujourd’hui, je travaille beaucoup, je m’investis à 100%, mes nuits sont courtes, mais mes efforts finissent par payer, Barcelone en étant le meilleur exemple ».

En tant que DTN, comment vous définiriez-vous ? Existe-t-il un style Yalouz ?

« A mon arrivée à la FFA en mars 2009, ne faisant pas partie du sérail de l’athlétisme français, je suis arrivé avec un regard nouveau et des convictions. Le talent et les structures étaient déjà là, je voulais juste être un meneur d’hommes capable de créer du lien avec les entraîneurs, les clubs et les athlètes : il fallait simplement réunir cette grande famille. Je ne suis pas un technicien, certes, mais les résultats des Bleus cette année prouvent qu’on ne doit pas forcément en être un pour réussir. Ce n’est pas moi qui vais apprendre à Ladji Doucouré comment franchir une haie ou à Renaud Lavillenie comment passer 6 m ! Mon truc, c’est d’aller sur le terrain pour voir, aider et accompagner les athlètes. Et je sais trouver les mots qui leur parlent : humilité, sincérité, partage ».

Vous attachez beaucoup d’importance à l’aspect humain…

« C’est une notion essentielle qu’on aurait facilement tendance à oublier en restant cantonné dans un bureau. Je passe donc beaucoup de temps avec les athlètes et leurs entraîneurs sur le terrain car il ne faut surtout pas se couper de leur réalité et de leur quotidien. Plus qu’un directeur, je me sens avant tout comme un professeur ou un grand frère qui essaye de leur transmettre des valeurs importantes comme le dialogue, l’échange, la culture de la gagne, l’amour du maillot ou le plaisir. Je suis heureux d’avoir pu greffer cette dimension humaine sur la technicité de l'athlé ».

Votre passé de sportif de haut niveau vous aide-t-il dans votre rôle de DTN ?

« Ça ne fait aucun doute. Médaillé d’argent en lutte aux J.O. de 1996, je suis avant tout un amoureux du sport. Après avoir fait mes études à l’INSEP et obtenu un diplôme de professeur de sport en 2000, j’ai gravi un à un les échelons de la Fédération française de lutte pendant 7 ans avant d’arriver dans le milieu de l’athlétisme. Au fil des années, je me suis enrichi de ce que faisaient les autres, j'ai beaucoup échangé avec l'athlétisme, le judo, la natation, l'escrime, l'aviron, tous les sports qui marchent. Je tire donc ma légitimité de mon passé d’athlète, d’une dose de bon sens et d'une connaissance pointue du monde sportif ».

Que peut-on souhaiter à l’athlétisme français pour les années à venir ?

« Que ça dure, tout simplement ! Barcelone restera gravé dans les mémoires mais il ne faut surtout pas tomber dans le triomphalisme. Dès l’année prochaine, l’équipe de France se confrontera à l’élite mondiale aux Mondiaux de Daegu, nous devons donc continuer de travailler sérieusement pour progresser tous ensemble. La route est encore longue d’ici aux J.O. de 2012 à Londres, notre objectif numéro 1. Barcelone n’était donc qu’une étape, le plus dur reste encore à accomplir ».

 

 ITINÉRAIRE

Ghani Yalouz

Né le 28 décembre 1967 à Casablanca (Maroc)

• Médaille d'argent en lutte gréco-romaine (moins de 69 kg) aux J.O. d'Atlanta en 1996.

• Obtention d’un diplôme de professeur de sport en 2000.

• Directeur des équipes de France de lutte gréco-romaine de 2000 à 2004, puis directeur des équipes de France et DTN adjoint chargé du Haut niveau de 2004 à 2007

• Nommé directeur technique national (DTN) de la lutte en France en janvier 2007.

• Nommé directeur technique national (DTN) de l'athlétisme français depuis mars 2009.

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