Marseille-Cassis, la course qui monte
© Claude Nucera
Avaler un peu plus de 20 km entre le Stade Vélodrome et le port de Cassis, par le col de la Gineste, n’a rien d’une partie de plaisir. Depuis plus de trente ans, ils sont pourtant des milliers à s’y essayer, chaque dernier dimanche d’octobre. Et les places sont chères.
Dimanche 31 octobre 2010, 15 000 coureurs battront le pavé, le long du Stade Vélodrome, sur la ligne de départ de la 32ème édition de la course Marseille-Cassis. Au moment de s’élancer à l’assaut des 20,308 km du parcours, tous se féliciteront en silence du privilège d’avoir obtenu un dossard. A l’instar du marathon de New-York, l’épreuve provençale est devenue un must du calendrier. En 2008, ses organisateurs, pour la plupart des dirigeants du SCO Sainte-Marguerite, avaient débuté la mise en vente des dossards sur Internet un dimanche du mois de mars, à midi tapante. Moins de 36 heures plus tard, il n’en restait plus un seul. « Même l’OM de la grande époque ne vendait pas ses places aussi rapidement », en plaisante encore aujourd’hui André Giraud, le fondateur de la course.
Depuis, le phénomène ne montre pas le moindre signe d’essoufflement. Marseille-Cassis a rejoint le cercle fermé des épreuves cultes. Pour tout « runner » qui se respecte, il faut avoir au moins une fois attaqué les lacets du Col de la Gineste, puis laissé les Calanques derrière soi avant de fondre sur le port de Cassis, au terme d’un parcours accusant un dénivelé de 327 m. Stéphane Diagana s’y est essayé, l’an passé. Yohann Diniz l’a lui aussi vaincue, un an plus tôt, mais à la marche.
André Giraud, son créateur, aime expliquer avoir eu l’idée de la course au hasard de son footing dominical. « Mes beaux-parents habitaient Cassis, moi j’étais sur Marseille. Le dimanche, j’avais pris l’habitude d’aller chez eux en courant, pour le déjeuner. Un jour, je me suis dit que le parcours se prêterait à une belle épreuve pédestre. » La première édition, en 1979, rassemble 700 partants. Elle est remportée par un local, Alain Angelvy, en 1 h 15’54. Aujourd’hui, le vainqueur est le plus souvent africain. Le Kenyan James Kwambai détient le record du parcours, depuis 2002, avec un chrono de 59’01. Chez les femmes, la meilleure marque appartient depuis dix ans à l’une de ses compatriotes, Susan Chepkemei, avec 1 h 08’30.
Aujourd’hui, Marseille-Cassis a gagné le label « silver » des courses sur route décerné par l’IAAF, la Fédération internationale d’athlétisme. Plus de 4 engagés sur 10 n’appartiennent pas à la région PACA. Et près d’une quart des concurrents sont des femmes, une proportion en constante augmentation. Il en coûte 32 € pour obtenir un dossard. Mais, pour être classé, un temps limite de 3 heures est exigé. Quant à l’organisation, elle est entièrement amateur et soutenue par 600 bénévoles.

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